RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 1:23-28

Qu’est-ce donc que cet « esprit impur » ? Cette question nous tourmente souvent. Souvent, la question du combat contre l’esprit impur devient le point central des livres spirituels et, plus généralement, de la vie spirituelle. Pour beaucoup aujourd’hui, alors que les traditions de pureté rituelle, réglementées par le Lévitique, appartiennent à un passé lointain (voilà le livre où la densité d’emploi du mot « impur » est la plus élevée de toute la Bible), la peur de se souiller n’a nullement disparu ; elle s’est simplement déplacée de certaines choses concrètes vers un esprit impur compris d’une certaine manière.

Et c’est une voie très dangereuse. Parce que le centre de notre vie ne doit pas être le combat contre l’esprit impur, mais le Christ. C’est peut-être le principal noyau de sens que nous donne la lecture d’aujourd’hui. La seule apparition du Christ dans notre vie suffit pour que l’esprit impur, « poussant un grand cri, sorte » de nous. Il faut seulement laisser réellement entrer le Christ dans notre vie, et cela n’est possible que par la lecture et la méditation priante de la Parole de Dieu.

Mais combien souvent voit-on une personne qui, au lieu de cela, se plonge dans la lecture de canons pénitentiels et de prières relevant d’une tradition monastique byzantine très particulière, à laquelle, bien sûr, nous sommes infiniment reconnaissants pour son exemple admirable de communion avec Dieu, mais qui ne peut pas être simplement calquée sur notre propre communion avec Dieu, car notre vie est tout autre, et aussi, tout simplement, parce que la communion est un processus vivant et dynamique qui n’accepte aucun modèle préfabriqué ni aucun cliché.

Mais quand on voit une telle personne, on en devient très triste. Sa vie s’est réellement transformée en combat, et même, semble-t-il, en combat contre le mal ; mais quel est le fruit de ce combat, qui en est rendu meilleur ? Pourtant, il suffit de laisser le Christ entrer dans son cœur, de faire seulement de Lui le centre de sa vie, et le problème se résoudra de lui-même.

Oui, mais le mal existe bel et bien, on ne peut pas fermer les yeux là-dessus. Il ne faut pas les fermer, mais que notre regard soit fixé droit sur le Christ, et que le reste demeure dans notre vision périphérique.