RÉFLEXIONS pour 1Tm 3:1-13
Abordant le thème des ministères ecclésiaux, Paul accorde une importance particulière à deux d'entre eux : le ministère de diacre et le ministère d'évêque. Ce n'est évidemment pas un hasard : les deux ministères mentionnés occupaient une place centrale dans l'Église des premiers chrétiens. Aux diacres était confiée la responsabilité d'organiser et de conduire les assemblées ecclésiales, y compris celles au cours desquelles avait lieu la fraction du pain. Ce sont eux, en premier lieu, qui répondaient devant Dieu et devant l'Église de l'état spirituel de la communauté ecclésiale. C'est pourquoi l'apôtre leur demande précisément de « garder le mystère de la foi dans une conscience pure » (v. 9). Et pour cela, ils devaient conserver la pureté spirituelle et morale non seulement dans la vie ecclésiale et publique, mais aussi dans la vie familiale et personnelle (v. 8, 10-12).
Une vie ecclésiale normale exige que le président de la communauté en soit le visage devant Dieu et un exemple pour chacun dans la vie spirituelle ; la justice n'y était pas seulement souhaitable, mais directement nécessaire, et Paul le rappelle à Timothée, car il lui était sans doute arrivé plus d'une fois de résoudre les questions et les problèmes des Églises qu'il visitait. Les exigences envers les évêques étaient quelque peu différentes, ce qui n'a rien d'étonnant : leur rôle dans l'Église du temps de Paul n'était pas du tout le même qu'aujourd'hui. Leur fonction principale dans l'Église primitive était administrative et économique, ce qui déterminait les exigences formulées par Paul envers les candidats à l'épiscopat (v. 1-7). L'apôtre prêtait une attention particulière, comme on le voit, à l'état de la propre maison du candidat, estimant avec raison qu'un homme incapable de mettre de l'ordre chez lui saurait encore moins le faire dans l'Église. En outre, l'évêque devait avoir, selon l'expression de Paul, « un bon témoignage de ceux du dehors », c'est-à-dire de la population locale et, semble-t-il, aussi des représentants de l'autorité : c'est sur lui que reposait la responsabilité de tout ce qui touchait au côté juridique de l'existence de la communauté ecclésiale.
Mais l'essentiel auquel l'apôtre prête attention est l'appel de Dieu au ministère que porte le serviteur ; autrement, il ne peut évidemment être question d'aucun « rang honorable » (« degré supérieur », v. 13) du serviteur dans le Royaume. Or, comme on le voit, pour Paul l'essentiel n'est pas l'« utilité » de l'Église envisagée comme organisation, ni même comme communauté ecclésiale, mais l'enracinement dans le Royaume de ceux qui portent les ministères ecclésiaux. Car l'Église n'a et ne peut avoir de tâche plus importante que le témoignage du Royaume. Et si ceux qui sont les plus visibles dans la communauté ecclésiale parviennent à devenir un exemple vivant du Royaume dans toute sa plénitude, ce sera le meilleur témoignage pour quiconque vient dans l'Église à la recherche d'une vie nouvelle.
