RÉFLEXIONS pour 1Tm 2:1-7
Comme on le voit, pour Paul, le but de la vie chrétienne est la « connaissance de la vérité ». Telle est aussi la volonté de Dieu pour chaque homme : Dieu ne veut la perte de personne, Il ne cherche pas à répartir les hommes dans quelque cercle de l'enfer ou demeure du paradis, Il veut seulement que chacun connaisse la vérité et, par conséquent, devienne lui-même une vérité vivante. Au temps de Paul, l'expression « connaître la vérité » avait un sens tout à fait précis : il s'agissait de la connaissance de Dieu, donc du chemin de la Torah, en dehors duquel aucune connaissance de Dieu n'est possible. La plénitude de la vérité n'est possible pour l'homme que lorsqu'il en devient lui-même l'incarnation, une Torah vivante.
C'est la tâche principale du chrétien ; il ne vaut pas la peine de se disperser dans le reste. C'est pourquoi l'apôtre conseille de prier pour que la vie extérieure des chrétiens soit, autant que possible, paisible et calme : celui qui est absorbé par les événements extérieurs, surtout par la guerre ou la politique, a en général peu de temps pour le travail spirituel. Cependant, le but mentionné de la vie chrétienne resterait inaccessible si le Sauveur Lui-même n'avait pas « racheté » chacun de ceux qui sont prêts à Lui faire confiance, comme Paul l'exprime habituellement par cette image.
En parlant de « rachat » (« rédemption »), l'apôtre pense au fait que le Messie n'a pas seulement apporté le Royaume dans le monde, mais a aussi rendu possible à quiconque le cherche d'y entrer, malgré tout ce que l'homme a pu commettre dans sa vie passée. En effet, le péché commis consciemment, ou plutôt ses conséquences, prend l'homme en captivité, et l'homme pécheur ne peut s'en libérer lui-même. Il ne s'agit pas de quelqu'un qui le retient exprès, mais du fait que la nature elle-même, abîmée par la chute, l'affaiblit et ne lui laisse pas la possibilité de vivre une vie spirituelle pleine.
Cela se manifeste notamment par le fait que l'homme devient, comme on dit d'ordinaire en pareil cas, « esclave des circonstances ». Plus précisément, il faut parler de ces chaînes de causes et d'effets que l'homme engendre lui-même par ses actes pécheurs et qui déterminent ensuite entièrement son existence ultérieure. Dans les traditions hindoue et bouddhique, on appelait généralement une telle dépendance karmique, et les régularités correspondantes, loi du karma ; mais tous les hommes les ont toujours connues, même s'ils les nommaient autrement.
C'est de cette dépendance que Jésus libère l'homme, en prenant sa place dans la chaîne de causes et d'effets créée par ses péchés, et donc en prenant sur Lui les conséquences des péchés commis par l'homme. À une seule condition, il est vrai, et elle est obligatoire : l'homme lui-même se repent du péché commis et y renonce complètement. Alors ce n'est plus lui qui devra avoir affaire aux conséquences de ce qui a été fait, mais son Sauveur, qui le rachète pour ainsi dire de cet esclavage du péché dans lequel l'homme s'est trouvé. Et c'est alors que s'ouvre pour l'homme la possibilité de devenir une Torah vivante et d'entrer dans le Royaume : désormais, le pouvoir du péché et du mal dans lequel gît le monde cesse d'être absolu sur lui. La possibilité apparaît donc d'être libéré des liens du mal du monde. Et aussi d'être sauvé.
