RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Mt 7:13-29

La lecture d'aujourd'hui est consacrée au thème des faux prophètes (v. 15) et des faux disciples (v. 21-22). Mais avant de parler des faux prophètes et des faux disciples, Jésus dit que le chemin vers le Royaume ne sera pas facile, que c'est un chemin étroit que peu voudront emprunter (v. 13-14).

Cette succession n'est évidemment pas fortuite. Car les faux prophètes apparaissent parce qu'on les attend. La nature humaine déchue est portée au compromis ; pour être parfaitement tranquille, chacun voudrait accomplir ce que Dieu demande, mais l'accomplir de manière à ce que cette obéissance soit aussi peu pesante que possible. Violer directement la parole de Dieu serait trop risqué : lors de la rencontre avec Dieu face à face, il n'y aurait rien à Lui dire. Ce serait autre chose s'il apparaissait un certain chef spirituel, par exemple un prophète, qui autoriserait par son autorité une telle violation, en prendrait la responsabilité sur lui et l'enlèverait ainsi à ceux qui ne voudraient pas marcher par le chemin étroit. Bien sûr, avec un peu de volonté, on peut toujours distinguer un tel « prophète » d'un authentique homme de Dieu ; mais si cette volonté manque, si celui qui écoute ne cherche ni la vérité ni la révélation de Dieu, mais sa propre justification, il peut très bien ne pas remarquer même des choses parfaitement évidentes.

Il n'est pas étonnant que tout cela soit propre aussi à ceux qui se disent chrétiens. Car le seul nom, comme le dit Jésus, ne suffit pas ; il faut être prêt à marcher par ce même chemin étroit, tandis que le diable est toujours prêt à indiquer des chemins plus faciles, qui mèneraient prétendument au même but, comme il les indiquait au Sauveur Lui-même lors de la tentation au désert (Mt 4:3-10). Le seul critère de vérité est l'accomplissement des paroles de Jésus (v. 24-27).

Et il ne s'agit pas seulement du fait qu'on ne peut confondre avec personne celui qui vit par le Royaume et dans le Royaume (et tels sont tous les vrais chrétiens) : il est impossible d'imiter la grâce de Dieu. Il s'agit du fait qu'aucune capacité et aucun don de Dieu, en eux-mêmes, ne rapprochent l'homme du Royaume ; pour cela, l'homme doit avant tout changer intérieurement, et si ce changement n'a pas eu lieu, tout le reste est inutile, même si, dans ce « reste », l'action de Dieu est visible (v. 22-23). Mais changer intérieurement est ce qu'il y a de plus difficile pour l'homme déchu, et peu sont réellement prêts à suivre ce chemin. Or il n'y a pas d'autre chemin vers le Royaume.