RÉFLEXIONS pour Lc 17:1-19
Le paradoxe du Royaume de Dieu pénètre dans les domaines les plus intimes de la vie humaine. Aujourd’hui, au centre du paradoxe se trouve la foi. C’est peut-être le mot le plus difficile de la langue humaine, parce que nous l’utilisons presque toujours à mauvais escient. Par exemple, lorsque les disciples demandent à Jésus d’augmenter leur foi, il s’avère qu’ils ne demandent pas ce dont ils ont besoin. Ils pourraient déplacer des montagnes même avec une foi infime (« un grain de moutarde » est clairement quelque chose de très petit). Mais alors, qu’y a-t-il de plus important ? Pourtant le Christ prononce à plusieurs reprises, à l’adresse de différentes personnes, les paroles : « Ta foi t’a sauvé ». C’est ce qui se passe aussi avec le lépreux samaritain guéri : le miracle même de la guérison arrive en fait aux dix, mais « la foi a sauvé » seulement lui. Et quelle foi peut donc avoir cet hérétique ? Les autres, eux, sont allés se montrer aux prêtres, ce que leur foi exigeait justement. Dans les deux cas, le Christ entend manifestement par « foi » quelque chose qui n’est pas tout à fait ce que les disciples entendent par là, ni ce que nous entendons d’ordinaire, vous et moi.
