RÉFLEXIONS pour 1Tm 3:16
Quand est apparu dans l’Église le premier symbole de foi ? Et que faut-il considérer comme tel ? Bien sûr, dans notre compréhension actuelle, le symbole de foi est avant tout une confession et un témoignage de l’orthodoxie de celui qui le proclame. Mais cela a-t-il toujours été ainsi ?
Le sens initial du mot « orthodoxie » est lié à la notion de vues justes ou, plus exactement, d’opinions justes (« orthodoxie » signifie proprement et littéralement « opinion correcte »). Il en résulte qu’en proclamant, par exemple, le symbole de Nicée, nous déclarons par là même que nos opinions sur certaines choses fondamentales pour les chrétiens sont justes, qu’elles ne diffèrent pas des opinions partagées par tous les chrétiens ou, du moins, par leur majorité.
Mais en quoi nos opinions importent-elles à Dieu ? Sur le chemin du Royaume, ce ne sont pas les opinions ou les théories qui comptent, mais les actes ; sur ce chemin, l’orthopraxie est plus importante que l’orthodoxie. Les différences d’opinion sur l’immense majorité des problèmes théologiques, du point de vue du Royaume, ne sont que des rides à la surface de l’eau ; pour le Royaume, une seule différence est essentielle : celle entre le péché et la justice.
Alors quoi : les symboles de foi sont-ils inutiles ? Sans doute sont-ils tout de même nécessaires ; autrement, Paul n’aurait pas proclamé son symbole avec tant de résolution. Mais son symbole a une signification pratique pour la vie spirituelle : il contient un bref témoignage de ce qui constitue le fondement de la vie spirituelle de tout chrétien. Et sa question principale, comme la question principale de tout autre symbole de foi, se ramène à savoir qui est Jésus de Nazareth pour celui qui le confesse. C’est toujours la même question, celle qu’il a posée à Pierre : qui les hommes disent-ils que je suis ? Et vous, qui dites-vous que je suis ? Ici, il ne s’agit plus d’opinions sur des questions théologiques abstraites, mais de l’expression d’une relation à une Personne concrète. Une relation qui, soit ouvre à celui qui confesse le chemin du Royaume, soit le lui ferme.
