RÉFLEXIONS pour Mt 5:1-12
La prédication essentielle du Christ, conservée par Matthieu, commence par les béatitudes. Et dès le début, Jésus lance à ses auditeurs des formulations paradoxales, qu’il ne leur est pas facile d’assimiler. De plus, au cours de tous les siècles suivants, des questions perplexes se sont fait entendre plus d’une fois à propos des béatitudes.
Pourtant, la construction même de ces commandements contient les réponses aux questions difficiles qu’ils suscitent. Ainsi, si ceux qui pleurent sont bienheureux parce qu’ils seront consolés, cela signifie que les pauvres en esprit sont bienheureux précisément parce que, dans le Royaume des Cieux, leur pauvreté sera comblée. Les doux, rejetés au bord du chemin dans le monde cruel d’aujourd’hui, hériteront de la terre ; cela signifie qu’ils ne seront pas écrasés par les forts et les insolents.
Il est clair que ceux qui ont faim et soif de justice seront rassasiés auprès de Celui qui est lui-même porteur de la justice suprême ; mais le fait que les miséricordieux obtiendront miséricorde ne signifie pas seulement qu’ils recevront une récompense pour leurs œuvres de miséricorde, c’est aussi le constat que, dans notre monde terrestre, on leur rend trop souvent le mal pour le bien.
Les cœurs purs doivent voir Dieu. Or, par l’Ancien Testament, nous savons que l’homme ne peut voir Dieu et rester en vie. Quelle est donc la force de la pureté des cœurs, puisque même l’impossible devient accessible à ceux qui en sont dotés !
Les deux dernières catégories mentionnées dans les béatitudes, les artisans de paix et ceux qui sont persécutés pour la justice, auxquels sont promises les plus hautes récompenses, peuvent être considérées séparément. Mais on a tout de même envie de les unir, non seulement en suivant le parallélisme propre à la poésie biblique, mais aussi parce que ces qualités, comme toutes les autres énumérées parmi les béatitudes, sont appelées à appartenir à tous les fidèles. Ce n’est pas un hasard si les promesses commencent et se terminent de la même manière : par la promesse du Royaume des Cieux.
