RÉFLEXIONS pour Mt 21:23-27
La question des grands prêtres et des anciens, qu'ils posent à Jésus après la purification du temple du commerce, est transmise sous une forme quelque peu policée. En réalité, ils ne demandent pas l'origine du pouvoir du Christ, car cela obligerait à supposer l'existence de ce pouvoir, ce que ni les chefs religieux ni les chefs sociaux ne veulent faire. Dans le texte grec, ce n'est pas ici le mot kratos (pouvoir, puissance), habituellement employé au sens de pouvoir, qui est utilisé; au contraire, les grands prêtres et les scribes demandent au sujet de l'exousia (permission, droit). La même distinction est visible aussi dans d'autres langues, par exemple en latin. Ainsi, les grands prêtres parlent assez rudement: «Et de quel droit commandes-Tu ici? Et qui T'a donné ce droit?». Une telle formulation de la question nous la rend beaucoup plus familière, parce que nous la rencontrons constamment dans notre vie quotidienne.
C'est pourquoi une nuance importante se voit dans la question que le Christ leur renvoie. Lorsqu'Il les interroge sur l'origine du baptême de Jean, Il interroge sur les droits du Ciel. «Dans votre monde, Dieu a-t-Il des droits, et lesquels? Dieu a-t-Il le droit de faire quelque chose selon son propre vouloir?».
À notre époque, nous connaissons tous bien les droits de l'homme. Dans leurs temps anciens, les grands prêtres pensaient davantage aux droits de la société et de l'État. Mais personne ne pense aux droits et à la liberté de Dieu. Le ministère de Jean le Baptiste devient ainsi l'exemple de ce que le Créateur fait de sa propre initiative, selon son propre vouloir et hors du cadre des usages humains. C'est pourquoi la réponse évasive des grands prêtres, qu'ils voulaient rendre non négative, pour qu'on ne pense pas qu'ils critiquent un homme qui avait de l'autorité auprès du peuple, se révèle non affirmative: «Nous ne savons pas, disent-ils, si Dieu a des droits ou non». Et nous, le savons-nous?
