RÉFLEXIONS pour Mt 25:1-13
La lecture d'aujourd'hui nous propose la parabole de Jésus sur son retour à venir. Jésus y revient sur le thème de la préparation, ou plus exactement de l'impréparation, de ses disciples à cet événement. Il semblerait qu'il était impossible de ne pas y être prêt, car les disciples de Jésus attendaient réellement la rencontre avec Lui, comme une fiancée attend la rencontre avec son fiancé. Seul peut comprendre cette attente celui qui est né et a grandi en Orient, là où se conserve encore l'ordre traditionnel de la vie et où la fiancée ne peut rencontrer son fiancé avant le jour même des noces.
Aujourd'hui, il faut le reconnaître, même parmi les chrétiens, peu attendent le retour du Sauveur comme l'événement principal de leur vie; mais pour la première génération chrétienne, une telle attente était la norme. Or la rencontre tant attendue échoue à cause de ce qui semblait une pure bagatelle: les fiancées qui attendaient l'époux n'ont pas pensé à se munir d'huile pour leurs lampes (v. 3). Et personne n'avait d'huile en réserve (v. 8-9). Entre-temps, les portes de la salle des noces se ferment vite; le moindre retard peut se révéler fatal, et pour certaines il le devient réellement (v. 10-12).
Cette histoire rappelle la parabole du Sauveur sur le figuier desséché: Jésus s'est approché de l'arbre à l'improviste; il n'y avait pas et il ne pouvait pas y avoir de fruits sur le figuier, mais le Royaume ne vient pas quand on l'attend, et Jésus aussi apparaît à l'improviste, et non comme, selon les idées humaines, Il devrait apparaître. Dans une telle situation, le recueillement spirituel signifie avant tout la disponibilité à l'imprévu. Bien sûr, dans l'attente d'un événement aussi important, il n'est pas difficile d'oublier une petite chose comme une réserve d'huile pour la lampe. Mais on a remarqué depuis longtemps qu'il n'y a pas de petites choses dans la vie spirituelle. Car l'état spirituel est avant tout un certain niveau de conscience de la réalité, où tout ce qui se fait devient important, où disparaissent les pensées inconscientes, à peine perçues et fugitives, ainsi que les actions tout aussi inconscientes et automatiques. C'est alors que chaque petite chose devient importante: car la profondeur de la compréhension de cette petite chose se révèle alors non moindre que la profondeur de la compréhension de n'importe quelle «grande» affaire.
Dans l'oeuvre de Dieu, il n'y a pas de petites choses; les petites choses deviennent petites lorsque nous cessons de percevoir la réalité qui nous entoure comme la réalité du Royaume qui vient. Dans notre monde pas encore transfiguré, il y a des affaires importantes et des affaires petites, indignes d'attention; dans le Royaume, tout a de l'importance. Et si nous n'avons pas appris à voir la réalité ainsi, cela signifie que nous ne savons pas encore ce qu'est le Royaume.
