RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ph 3:1-21

Paul aborde le thème de la justice et celui de la circoncision, qui se posait alors avec acuité dans certaines Églises de Grèce et d'Asie Mineure. L'apôtre rattache la circoncision « à la justice qui vient de la Torah », en remarquant que, s'il y a quelqu'un qui pourrait se glorifier d'une telle justice, c'est bien lui, plus que ceux qui la défendent devant les frères de Philippes. Mais Paul, précisément en comparaison de ce qu'il a reçu lors de sa rencontre avec le Ressuscité, ne la tient pour rien de plus que des déchets.

Il ne s'agit pas ici du fait que l'apôtre rejette la Torah en tant que telle. Il comprend simplement trop bien (par sa propre expérience) que la Torah en tant que telle ne rend pas l'homme juste. Elle indique seulement le chemin de la justice, de l'extérieur ou de l'intérieur (si l'on parle de la Torah intérieure). Mais ce n'est pas la Torah qui rend l'homme juste, c'est Dieu, qui a donné à l'homme la Torah comme instrument sur le chemin de la justice. La Torah est une boussole spirituelle qui indique à l'homme ce chemin.

Mais pour atteindre le Royaume, il ne suffit pas de regarder la boussole ; il faut encore parcourir le chemin qu'elle indique, et là l'aide de Dieu et la participation du Sauveur Lui-même sont importantes, d'autant plus qu'Il peut aider puisqu'Il est Lui-même devenu Torah vivante. L'alternative à un tel chemin devient alors la religion, l'activité religieuse, la vie religieuse en général, qui remplace souvent la vie spirituelle. Alors, au lieu du chemin, les gens se passionnent pour toutes sortes d'offices, de rites, de cérémonies religieuses, en pensant que c'est précisément ce à quoi Dieu les appelle.

En réalité, tout ce qui vient d'être énuméré n'est que jeux humains, que les hommes inventent pour leur tranquillité et auxquels ils jouent pour leur plaisir, alors même que les joueurs les considèrent comme un moyen d'atteindre une certaine « justice » (celle que l'apôtre appelle, peut-être non sans ironie, « la justice qui vient de la Torah »). La circoncision était justement un tel jeu pour beaucoup de chrétiens de Philippes, et pas seulement de Philippes.

Pour eux, ce n'était qu'un rite religieux : ils n'avaient pas l'intention de s'engager sérieusement sur le chemin spirituel du judaïsme, le chemin de la Torah intérieure, de l'humilité, de la prière intérieure continuelle, de l'acquisition de la shekhina, en un mot, de tout ce qui était important pour les meilleurs représentants de la tradition spirituelle juive. Pour eux, la circoncision n'était qu'une sorte de jeu religieux auquel ils jouaient en pensant faire une chose importante et nécessaire. Paul considérait ces jeux comme une profanation du véritable chemin spirituel, et il avait parfaitement raison.