RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ph 1:12-30

En parlant de son arrestation et de son emprisonnement, Paul les considère eux aussi du point de vue de la mesure et de la manière dont ils peuvent contribuer à la tâche que l’apôtre a toujours tenue pour principale : le témoignage (v. 12-14). Il n’est plus tout à fait clair aujourd’hui ce que Paul a en vue lorsqu’il parle de certains prédicateurs qui annoncent le Christ « sans pureté », cherchant à aggraver la situation de l’apôtre emprisonné (v. 15-17). Quoi qu’il en soit, cela n’effraie pas Paul lui-même : il ne pense pas à sa vie, mais seulement au témoignage, si bien que sa propre situation le préoccupe peu, pourvu que le témoignage ne cesse pas (v. 18-20). Ici, nous avons devant nous, semble-t-il, non pas simplement l’intrépidité devant la mort qui caractérisait les martyrs d’une idée. Car le Royaume, pour l’apôtre, n’est pas une idée, mais une réalité, et une réalité non pas d’un avenir quelconque qui attendrait l’homme après la mort, mais du présent dont il vit déjà ici et maintenant.

Paul ne dit pas de manière imagée, mais tout à fait réelle, que sa vie est le Christ, qu’il vit d’une seule et même vie du Royaume avec Lui ; c’est pourquoi la vie d’ici-bas n’est pour lui ni plus ni moins précieuse et importante que la mort qui attend ici chacun. La question, pour l’apôtre, tient seulement à ce qui est le plus nécessaire et le plus important pour Dieu : qu’il reste dans le monde, où un témoignage ultérieur sera exigé de lui, ou qu’il soit libéré de la vie d’ici-bas afin d’obtenir toute la plénitude de la vie du Royaume et de la communion avec le Christ (v. 21-26). Paul nous montre ici l’exemple typique du martyr chrétien, que, dans les premiers temps chrétiens, on appelait non pas martyr, mais témoin.

Mourir pour une idée, les chrétiens ne sont pas les seuls à savoir le faire, loin de là. Mais les chrétiens mouraient, et meurent encore souvent aujourd’hui, non pour une idée nouvelle ni pour une nouvelle religion ; ils ne font que donner cette part de leur vie que leurs persécuteurs veulent leur enlever, afin de ne pas la perdre tout entière. Car quiconque vit de la vie du Royaume comprend que personne ne peut enlever le Royaume à l’homme si l’homme lui-même ne renonce pas au Royaume. Et le chrétien, en acceptant de donner la vie d’ici-bas, témoigne par là qu’il possède quelque chose d’incomparablement plus grand, qu’il possède ce Royaume dont il rend témoignage. Alors non seulement la vie du chrétien devient témoignage, mais aussi sa mort.