RÉFLEXIONS pour Is 33:1-24
Que les envahisseurs ne se réjouissent pas, eux qui pillent les terres qu’ils ont conquises : eux aussi devront goûter la rétribution pour tous leurs crimes. Et pourtant, le prophète alterne constamment les discours encourageants sur la chute à venir des agresseurs avec la dénonciation des Israélites eux-mêmes, qui ont attiré sur eux de sévères châtiments par leurs propres péchés.
Mais les dénonciations elles aussi alternent avec des tableaux d’une autre vie de ce même peuple, qui viendra lorsque le peuple gardera fidélité au Seigneur. Ici résonnent de manière frappante les paroles selon lesquelles, en ces temps heureux, la crainte du Seigneur sera un trésor. La peur actuelle des pécheurs qui habitent Sion, décrite par le prophète, n’est pas du tout une telle crainte ; c’est l’effroi devant la rétribution chez ceux qui ne se sont pas encore engagés sur le chemin du repentir. Mais voici que le prophète parle de ceux qui n’ont pas à craindre la flamme qui consume les pécheurs, et comme cela est simple et accessible : pour ne pas devenir victime du feu, il faut n’opprimer personne, ne pas accepter de pots-de-vin... Un conseil semblable, quelques siècles plus tard, sera donné par Jean le Baptiste aux soldats venus vers lui. Une fois de plus, on s’étonne : c’est si facile, alors pourquoi, de siècle en siècle, n’agissons-nous pas ainsi ?...
Mais comment comprendre le conseil de ne pas entendre parler de sang versé et de ne pas voir le mal ? Serait-ce une recommandation à devenir une autruche ? Je ne le pense pas ; d’ailleurs, pour ceux qui vivent au milieu du mal réel, c’est-à-dire nous tous, cela ne pourra pas se faire littéralement. Il s’agit ici, apparemment, du danger psychologique d’accueillir le mal dans l’âme lorsqu’on le fixe avec insistance, du danger de s’y habituer. Dans ce cas, nous risquons de devenir porteurs de ce qui, au départ, nous horrifiait.
Il vaut bien mieux tourner le regard vers Celui qui vaincra tout mal. Selon la parole du prophète, le Seigneur tiendra lieu de fleuves ; cela signifie que, si les grandes civilisations païennes ont grandi sur les rives de grands fleuves, Lui donne à Ses fidèles la possibilité de vivre et de grandir auprès de Lui. De plus, les grands fleuves ne nourrissent pas seulement ceux qui s’installent le long de leurs rives ; sur leurs eaux peuvent aussi arriver les navires des envahisseurs. Mais le Seigneur est une protection sûre, infranchissable pour les forces du mal.
