RÉFLEXIONS pour Ep 6:1-9
En parlant de l’attitude des enfants envers leurs parents et des esclaves envers leurs maîtres, Paul se réfère au cinquième commandement. On pourrait croire que, lorsqu’il s’agit des relations entre les esclaves et leurs maîtres, une telle référence n’est pas appropriée. Pourtant, s’il s’agissait du milieu juif, elle était jusqu’à un certain point légitime : les Juifs n’ont jamais connu d’autre esclavage que l’esclavage domestique, patriarcal, où l’on regardait l’esclave comme un membre plus jeune de la famille, pratiquement comme l’un des enfants, lequel, il est vrai, à la différence de l’enfant, ne pouvait jamais devenir majeur et demeurait pour toujours, sur le plan juridique, dans la condition d’un adolescent.
Bien sûr, dans le monde gréco-romain considéré dans son ensemble, la situation était différente, mais Paul recommande aux chrétiens qui possèdent des esclaves de les traiter comme on le faisait dans le milieu juif : comme des enfants.
En même temps, pour l’apôtre, l’observance du cinquième commandement est indissociable de l’observance de tous les autres commandements. En particulier aussi par les parents ou les maîtres. L’appel à ne pas irriter les enfants, adressé aux parents, vise précisément ce point : autrement, il ne peut être question d’aucune éducation « dans la crainte de Dieu ». Cela se comprend : la crainte de Dieu suppose une attitude sérieuse et responsable envers les commandements donnés par Dieu ; si elle n’existe pas chez les parents, elle n’existera pas non plus chez les enfants, quoi que les parents leur disent et quelle que soit leur manière de les convaincre de la nécessité d’observer ce qu’eux-mêmes n’observent pas.
L’apôtre tient généralement en haute estime la responsabilité des relations qui unissent les enfants aux parents et les esclaves aux maîtres ; c’est pourquoi il parle de la nécessité de l’obéissance non simplement par crainte ou par intérêt (« comme pour plaire aux hommes », selon le mot de Paul), mais aussi en conscience, devant Dieu et pour Lui. Seule une telle responsabilité dans les relations peut devenir le fondement d’une vie spirituelle normale ; autrement, la division intérieure et toutes ses conséquences spirituelles négatives sont inévitables.
