RÉFLEXIONS pour Lc 5:1-16 — le 18 juillet 2025

RÉFLEXIONS pour Lc 5:1-16

Une prise de poissons inattendue et abondante là où, selon tous les signes, elle ne pouvait pas se produire, est l'un des premiers miracles du Sauveur. Qu'est-ce donc: une preuve? Un témoignage de sa propre messianité? Mais Jésus n'a jamais cherché à prouver quoi que ce soit à personne.

Un témoignage, peut-être. Mais témoignage de quoi? De la puissance de Dieu? Sans doute, oui: ce n'est pas un hasard si Pierre demande à Jésus de s'éloigner, de le laisser. Il comprend qu'un homme pécheur ne devrait pas s'approcher de Dieu: cela pourrait finir par profaner le sanctuaire, par banaliser cette présence divine qui, pour Pierre comme pour les autres, semblait une réalité évidente.

Mais Jésus, au contraire, appelle Pierre à le suivre. Il sait qu'un homme conscient de ses limites, qui se regarde avec sobriété et réalisme, est plus sûr que les enthousiastes sûrs d'eux-mêmes de la vie spirituelle. La pêche miraculeuse devient réellement un témoignage. Mais pas seulement une théophanie. Elle devient témoignage du Royaume qui s'est approché. Dont le souffle peut désormais toucher l'eau du lac de Génésareth au point que même les poissons le sentent.

Ils le sentiront, et se rassembleront là où d'ordinaire ils ne se trouvent pas. Car le souffle du Royaume n'attire pas seulement les hommes: tout ce qui vit sent sa présence. Mais s'il en est ainsi, s'il est question du Royaume, Pierre ne peut pas non plus faire demi-tour. Malgré sa condition pécheresse, malgré son absence de préparation à suivre le Messie. D'autant plus qu'il n'y a de toute façon personne de prêt: où trouver, dans le monde déchu, des hommes sans péché? Mais un pas à la suite du Messie est un pas dans son Royaume. Là où il règne lui-même.

Et désormais, c'est lui-même qui travaillera avec ceux qui ne sont pas prêts à vivre de la vie de son Royaume, mais qui sont prêts à le suivre malgré leur absence de préparation et leur condition pécheresse. Le chemin de la justice a toujours été ainsi, même avant la venue du Christ dans le monde: suivre Dieu malgré sa propre condition pécheresse. Désormais, les possibilités sont autres, et autre est la plénitude absolue de la vie avec Dieu. Mais le chemin est resté le même; aujourd'hui encore, il n'est possible à l'homme qu'en dépit de sa nature déchue. Non pas, bien sûr, parce qu'elle est nature, mais parce qu'elle est déchue.

C'est ainsi que suivront Jésus tous les apôtres, dont Pierre fut le premier. Jusqu'au bout. Jusqu'à cette plénitude de la vie du Royaume sans laquelle le chemin n'a pas de sens.