RÉFLEXIONS pour 2Co 12:1-10
Paul, comme toujours, exprime sous une forme émotive et paradoxale des choses très profondes et en même temps très quotidiennes. Et il ne s’agit pas seulement ici du fait que l’apôtre présente simplement de façon très vive la pensée la plus banale : « en somme, s’enorgueillir est mauvais, tandis que s’humilier et s’affliger est bon ». Ce n’est guère là l’essentiel du passage. Après tout, il y a orgueil et orgueil (ou « vantardise, auto-glorification »), comme il y a aussi humilité et humilité. Et les afflictions aussi.
Mais le fait que les diverses réalisations humaines, même les plus élevées et les mieux intentionnées, puissent très souvent entraîner l’homme dans les fourrés de l’arrogance et de la suffisance, voilà qui est bien connu. Et cela parce que ces grandes réalisations, qu’il s’agisse de la conversion de peuples au christianisme, de la construction d’hospices et de refuges, ou des plus profondes illuminations mystiques, ne signifient rien en elles-mêmes pour la personne qui les accomplit ou y participe. Seul ce qui transforme le cœur, le rendant plus sensible au mal et au bien, à la douleur et à la joie de chaque personne particulière rencontrée sur notre chemin ; cela seul a quelque valeur. Car c’est grâce à cela seulement que l’homme devient peu à peu un Homme, une personne capable de ressembler au Christ, l’Homme universel et Dieu-homme…
Quant à notre propre douleur ou aux épreuves de la vie, accueillies comme un don de Dieu, elles nous rapprochent de nous-mêmes, nous font descendre des nuages de l’imagination vers la terre de la réalité. Elles montrent la limitation et la petitesse humaines et, en même temps, la grande puissance du courage et de la confiance de l’homme, tout ce qui aide à ressentir, dans toute la plénitude possible, la présence de l’Autre au milieu du quotidien gris, dans des conditions de vie extrêmement modestes, dans la relation avec les personnes les plus ordinaires, au fil de journées de travail fatigantes, à chaque instant infime…
