RÉFLEXIONS pour Ep 2:11-22
Poursuivant son propos sur le salut et sur le nouveau peuple de Dieu, Paul prête une attention particulière à son lien spirituel avec l’ancien peuple de Dieu, le peuple juif. À vrai dire, pour l’apôtre il n’existe pas deux peuples différents : car Dieu n’a conçu et créé qu’un seul peuple qui Lui appartienne, et la venue du Christ n’a rien changé à ce dessein ; elle n’a fait qu’élargir les frontières du peuple de Dieu, en y intégrant ceux qui, sans le Christ, n’en auraient jamais fait partie (v. 11-13). Mais cet élargissement n’était pas purement mécanique : il supposait une qualité nouvelle non seulement chez les anciens païens qui se joignaient au peuple, mais aussi chez les Juifs eux-mêmes. Il s’agit avant tout de cette purification complète du péché qui n’est possible que par le sang du Christ : car le sang des sacrifices de purification accomplis depuis les temps anciens dans le peuple de Dieu ne pouvait libérer entièrement ni une personne particulière ni le peuple tout entier du pouvoir du péché, ne le purifiant que partiellement. Désormais, avec la venue du Sauveur dans le monde, le sang qu’Il a versé sur la croix, Sa mort et Sa résurrection donnent à chacun la possibilité d’être pleinement purifié, de sorte que le péché n’ait plus aucun pouvoir sur celui qui a été purifié (v. 13).
Mais il ne s’agit pas seulement de purification, même si la libération complète du péché est une condition nécessaire pour demeurer dans le Royaume. Il s’agit aussi d’une qualité nouvelle de vie spirituelle, de ces relations qui unissent les fidèles à Dieu, au Christ et les uns aux autres. Paul, bien sûr, ne parle pas par hasard de la croix, qui « tue l’hostilité » entre deux parties de l’humanité autrefois séparées (v. 16). Car c’est précisément la mort du Sauveur sur la croix et Sa résurrection qui ont ouvert à tout chercheur le chemin du Royaume. Autrefois, en parlant de la Torah, les maîtres et les guides parlaient des commandements et de la manière d’atteindre la justice en les observant, pour devenir une Torah vivante (l’apôtre appelle cela « la loi des commandements », v. 15), même si personne n’avait jamais osé dire que le but proposé avait été atteint. Désormais est apparu Celui qui est Lui-même devenu l’exemple de la Torah vivante, accomplissant ce dont les maîtres d’autrefois ne pouvaient parler que comme d’un idéal magnifique, mais inaccessible (v. 15 ; le mot grec correspondant peut signifier non seulement « enseignement », mais aussi « exemple », « modèle »).
La qualité nouvelle de vie spirituelle manifestée par le Sauveur abolit aussi la barrière qui se dressait auparavant comme un mur infranchissable entre le peuple de Dieu et le reste de l’humanité : car désormais la vie du Royaume, entrée dans le monde par le Christ et dans le Christ, est devenue accessible à tout chercheur. Le souffle du Royaume qui vient du Père est désormais également accessible aux Juifs qui ont accueilli la bonne nouvelle comme aux anciens païens qui se sont tournés vers le Christ (v. 17-18), de sorte que les uns et les autres peuvent maintenant non seulement vivre d’une même vie du Royaume, mais aussi l’édifier ensemble, en participant à l’accomplissement des desseins de Dieu qui lui sont liés (v. 19-22).
