RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Gn 50:1-26

Comme on le voit, les frères de Joseph ne peuvent absolument pas croire qu'il leur a vraiment pardonné. Certes, en principe, il n'y a rien d'étrange à cela : en ce temps-là, on pardonnait en général rarement et à contrecœur, et à plus forte raison pour ce que les frères de Joseph lui avaient fait. Et maintenant ils craignaient la vengeance : car leur père était mort, et il n'y avait plus personne pour retenir Joseph.

Mais Joseph lui-même ne compte pas se venger ; il dit à ses frères des paroles qu'ils ne comprennent pas tout à fait, semble-t-il : ce n'est pas vous qui m'avez vendu comme esclave, c'est Dieu qui m'a conduit en Égypte afin de vous sauver tous de la mort par la faim.

Qu'est-ce donc : une excuse pour rassurer ses frères ? Guère : Joseph était assez franc avec ses frères. Il considère manifestement que, que ses frères l'aient voulu ou non, Dieu a agi par leurs mains. Bien sûr, cela ne justifie en rien les frères eux-mêmes : car en se débarrassant de Joseph, ils pensaient moins que tout à l'avenir de leurs parents. Tout a tourné au bien uniquement par la volonté de Dieu, non grâce à leurs efforts, mais malgré eux. Joseph, lui, porte son attention précisément sur la volonté de Dieu ; il laisse de côté les intentions de ses frères.

Certes, une telle décision a été précédée d'un certain processus, pour parler dans un langage moderne, éducatif, au cours duquel Joseph a fait comprendre et ressentir à ses frères ce que signifie être coupable sans faute. Il a visiblement tout fait pour les conduire au repentir. Mais, à en juger par la peur qui continuait de les tourmenter, ils n'ont jamais vécu un véritable repentir. C'est peut-être précisément pourquoi il leur est si difficile de croire au pardon.

Et Joseph leur pardonne en ayant précisément en vue la volonté de Dieu : car on ne peut pardonner sérieusement à quelqu'un que de cette manière, seulement en regardant la situation, pour ainsi dire, avec les yeux de Dieu. Joseph y est parvenu. Mais pour ses frères, la perspective de la providence de Dieu est hélas demeurée cachée.