RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Dt 30:11

Les hommes de tous les temps ont eu tendance à aspirer à l’idéal, y compris lorsqu’il s’agissait de la vie sociale. Ce n’est pas par hasard que les premiers projets d’État idéal sont apparus dès l’Antiquité. Mais tous ces projets avaient un point faible : ils partaient non pas de la conception biblique, mais de la conception humaniste de l’homme, fondée sur le postulat selon lequel l’homme est bon par nature, et que ce qui le corrompt, c’est le milieu, l’éducation, en un mot, la société. Et tous les créateurs de projets d’État idéal partaient de l’idée que l’homme est un être parfait, et que la tâche de l’État idéal consiste à permettre à cette perfection de se manifester pleinement.

La Torah, quant à elle, comme la Bible dans son ensemble, part du fait que, dans l’état actuel de l’humanité, nous avons affaire à des hommes pécheurs, donc éloignés de la perfection, auxquels il est impossible de demander l’idéal. Tous les commandements, toute la Torah, sont calculés précisément pour de tels hommes pécheurs. C’est pourquoi il est dit d’elle qu’elle est proche de chacun : il n’est pas nécessaire d’être un héros surhumain pour suivre la Torah et observer les commandements donnés par Dieu.

Mais en suivant la Torah et en observant les commandements, on peut devenir un autre homme. Meilleur qu’au commencement. Avec l’aide de Dieu, on peut même devenir apte à la vie dans le Royaume et obtenir ce Royaume. Et il est aussi possible de créer une société parfaite sur la terre pécheresse. Non pas « la meilleure », comme Platon appelait son État idéal, mais, selon sa propre expression, « la seconde après la meilleure », c’est-à-dire la meilleure de ce qui est possible dans notre monde en voie de transformation, mais pas encore transformé.

On ne peut pas créer une société idéale, malgré tout le désir qu’on en aurait ; on ne devient pas sans péché, quels que soient les efforts. Mais suivre la Torah, observer les commandements, c’est possible, de même qu’il est possible maintenant, après la venue du Christ, d’entrer dans le Royaume. Il ne faut ici que de la cohérence. Et la détermination d’aller jusqu’au bout.