RÉFLEXIONS pour Ez 16:1-34 — le 2 juillet 2025

RÉFLEXIONS pour Ez 16:1-34

La lecture d’aujourd’hui nous propose la parabole d’Ézéchiel sur la femme infidèle, par laquelle il entend Israël, comme les autres prophètes qui utilisent cette image. Pour percevoir pleinement l’image, il importe de garder à l’esprit que, contrairement au russe, le mot « Israël » est féminin en hébreu.

De telles paraboles ne se rencontrent pas seulement chez Ézéchiel : Osée, Isaïe de Jérusalem et Jérémie comparaient aussi Israël à une femme infidèle. Mais la parabole d’Ézéchiel est remarquable en ce qu’elle décrit une sorte de pédagogie divine ; on y voit clairement les tentatives de Dieu pour orienter Son peuple vers le chemin du repentir. La parabole commence par la constatation de ce fait indubitable que, sans Dieu, le peuple juif n’aurait tout simplement pas existé sur la terre ; il aurait péri comme un nourrisson abandonné sur la route, et seule l’intervention directe de Dieu dans la situation lui a permis de devenir ce qu’il est devenu (v. 3–14).

Mais tout ce que Dieu avait fait pour Son peuple fut oublié par le peuple lui-même, et oublié très vite. La cause en fut, on le voit, la présomption, la disposition à s’appuyer non sur Dieu, mais sur Ses dons, qui commencèrent à être perçus non comme des dons, mais comme quelque chose d’allant de soi et d’inaliénable (v. 15). Il n’est pas étonnant que le peuple se soit cru en droit de disposer des dons de Dieu selon son propre gré (v. 16–26). Mais Dieu ne rompt pas Ses relations avec le peuple malgré la trahison évidente et ouverte ; au contraire, Il tente de ramener à la raison ceux qui ont complètement oublié Dieu (v. 27).

Sans doute le peuple lui-même devait-il percevoir de telles mesures comme un châtiment venu de Dieu ; mais, à en juger par les paroles du prophète, ce n’était qu’une tentative de Dieu pour rappeler Son existence et les relations qui liaient autrefois le peuple de Dieu à son Dieu. Mais aucune mesure ne garantit ni le repentir ni la conversion, car l’un et l’autre ne sont possibles que librement, et Dieu n’a pas besoin d’un « repentir » obtenu par la force. C’est pourquoi Il ne contraint personne à la conversion ; Il fait seulement comprendre à Son peuple que le chemin qu’il a choisi mène à une impasse. Mais même alors le choix demeure : car dans une telle situation, non seulement la conversion, mais aussi le rejet de Dieu restent possibles.

Cependant, en cas de rejet, la situation devient déjà tout à fait contre nature. Apparemment, dans les relations avec Dieu, aussi bien pour un homme individuel que pour tout un peuple, il existe des étapes, non seulement lorsque l’homme ou le peuple va vers Dieu, mais aussi lorsque cet homme ou ce peuple s’éloigne de Dieu. Il est possible qu’au début du chemin qui éloigne de Dieu, Dieu entreprenne encore certaines actions pour arrêter celui qui s’en va. Peut-être les calamités qu’Il permet dans une telle situation désignent-elles précisément cette limite que l’on peut considérer comme une sorte de « point de non-retour ». Et, une fois ce point franchi, l’homme ne peut plus revenir à Dieu facilement et sans conséquences graves ; désormais, même en cas de conversion et de repentir, il lui faudra porter certaines conséquences des péchés qu’il a commis. Pour un peuple, franchir le « point de non-retour » dans ses relations avec Dieu signifie se vouer à une catastrophe inévitable, qui fut pour le peuple juif la défaite de Juda par les Babyloniens et l’exil à Babylone.