RÉFLEXIONS pour Mt 11:20-26
À la fin de la lecture évangélique d’aujourd’hui, nous entendons une parole étonnante du Seigneur Jésus-Christ, qu’il est assez difficile de traduire en russe. Notre texte synodal propose la variante « Je Te glorifie, Père, Seigneur du ciel et de la terre ». Le texte slavon est plus proche de l’original, disant « Je Te confesse, Père ». En grec, on trouve ici le verbe exomologeo, qui signifie littéralement « être d’accord, promettre, reconnaître, avouer ». La traduction latine nous donne le verbe confiteor, qui signifie surtout « reconnaître, avouer ». Il est important d’écouter ce mot, car ses nuances nous aident à comprendre ce qu’est cette « confession » du Dieu unique à laquelle nous sommes appelés.
Ainsi, le Seigneur s’adresse au Père avec reconnaissance parce que le mystère du salut, le mystère de la foi, rejeté par Capharnaüm et par d’autres villes, rejeté par les sages et les intelligents, a été révélé aux tout-petits dans la foi, aux hommes simples et droits. C’est vraiment un don de la bienveillance du Père, une miséricorde envers nous. En même temps, c’est la manifestation de la grande sagesse de Dieu, car on ne peut venir au Tout-Puissant avec orgueil, avec suffisance. Quelles variantes de traduction, en tenant compte des nuances possibles, voyons-nous donc ?
« Je Te glorifie, Père » est la variante la plus ample en russe, choisie par les auteurs du texte synodal. C’est la proclamation de la grandeur de Dieu et l’annonce de Sa gloire, de Sa présence et de Sa souveraineté dans le monde. Cet aspect était central dans la tradition de l’Ancien Testament et le demeure dans la tradition du Nouveau Testament. « Je suis d’accord avec Toi, Père » est une autre variante, très importante dans notre présence devant Dieu. Car on ne peut devenir participant de la vie de Dieu qu’en consentant à ce que l’œuvre de Dieu soit belle. L’aspect de la reconnaissance est également important dans ce mot. Nous reconnaissons ce que nous avons fait ; mais ici, manifestement, il ne s’agit pas de cela. Une des variantes de traduction est : « Je Te déclare mon amour, Père » ; elle est proposée par l’excellent interlinéaire de la Société biblique russe, publié en 2001. Et encore, le grec du Nouveau Testament emploie aussi ce verbe au sens de promesse, de formulation de vœux. « Je promets de T’être fidèle, Père... » : voilà comment on peut exprimer cette nuance de sens.
Ainsi, le texte de l’Évangile d’aujourd’hui nous donne d’un seul coup plusieurs aspects indissolublement liés de ce qu’est la confession de foi. C’est la louange de Dieu, c’est la reconnaissance de Sa Vérité et de Sa Sagesse, c’est l’amour pour Lui et la promesse de Lui être fidèle. Voilà, semble-t-il, ce qu’est cette adoration en Esprit et en vérité à laquelle nous sommes tous appelés. Et il est également important que tout cela, surtout la promesse de fidélité, exige un service actif de Celui que nous glorifions, par la sagesse de qui nous nous laissons guider, que nous aimons et à qui nous sommes fidèles.
