RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ga 3:15-29

En poursuivant sa réflexion sur la Torah et sur les promesses données par Dieu, Paul recourt à des analogies juridiques, comparant les promesses données par Dieu à Abraham et à ses descendants à un testament humain ordinaire qui, une fois établi, ne peut plus être modifié par des personnes extérieures (v. 15). En parlant de testament, l’apôtre avait sans aucun doute en vue le Royaume qui, selon lui, était l’objet du testament : car s’il avait été promis à Abraham aussi bien qu’à ses descendants, seul celui qui était mentionné dans le testament d’Abraham comme héritier y recevait droit. Or Paul, on le voit, considère que le seul héritier légitime est le Sauveur Lui-même (v. 16). Peut-être l’apôtre suivait-il ici une tradition rabbinique connue, selon laquelle le Messie apparaissait, en un certain sens, comme le peuple de Dieu personnifié.

Quoi qu’il en soit, Paul estimait à juste titre que la Torah, donnée comme loi commune à tout le peuple, ne pouvait en aucune manière annuler les promesses concrètes données par Dieu, pas plus qu’un testament concret qui, selon la Torah, ne pouvait ni ne devait être annulé par des personnes extérieures (v. 17–18). Par cette simple analogie juridique, Paul essaie de faire comprendre à ses lecteurs que la Torah et cette fidélité qui liait Abraham à Dieu, et qui lie maintenant les chrétiens à Lui, sont des réalités différentes. La Torah est nécessaire jusqu’à la venue du Messie, à qui fut promis ce sur quoi comptent maintenant Ses disciples (v. 19–20). Elle est nécessaire pour ne pas s’écarter du chemin de la justice dans l’attente du Messie.

Si la Torah pouvait être par elle-même source de vie, rien de plus ne serait nécessaire ; mais la Torah ne pouvait pas être une telle source, elle pouvait seulement garder l’homme qui marchait sur le chemin de la justice, en lui indiquant le danger du péché là où ce danger existait (v. 21–23). Paul ne compare évidemment pas par hasard la Torah à un pédagogue au sens antique ou hellénistique du mot : à cette époque, on appelait pédagogue non pas un maître ni un éducateur, mais un serviteur (le plus souvent un esclave, parfois un homme libre) dont la charge était de conduire l’enfant à l’école et de le ramener, afin qu’il ne lui prenne pas l’idée, en chemin, de tourner quelque part ailleurs au lieu d’aller à l’école (v. 24–25). En effet, le rôle protecteur de la Torah perd manifestement son actualité dans le Royaume, où le péché et le mal sont déjà derrière, et où la plénitude de la vie du Christ ressuscité unit en un seul tout tous ceux qui sont devenus ses habitants et les héritiers spirituels d’Abraham (v. 26–28).