RÉFLEXIONS pour Jr 3:1-25
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce qui poussait précisément Jérémie à reprocher aux nouveaux yahvistes leur apostasie. Ce n'est pas par hasard que la fidélité et la constance deviennent le thème de la prédication du prophète. Il compare le peuple de Dieu à une femme infidèle qui a trompé son mari et qui, tout en se plaignant de la colère de son époux, n'a pourtant pas l'intention de changer quoi que ce soit dans sa vie (v. 1–5). Mais Dieu ne rejette pas Son peuple, même lorsque le peuple se détourne de Lui. Le retour est toujours possible, mais à une condition indispensable : la reconnaissance de sa faute (v. 12–13).
Une telle reconnaissance ouvre la voie à un véritable renouvellement spirituel, qui changera toute la vie du peuple et deviendra le signe avant-coureur de l'avènement du Royaume messianique (v. 14–19). Mais une conversion extérieure sans reconnaissance de la faute ne fait qu'aggraver la situation (v. 6–11). Et il ne s'agit pas ici de la vengeance d'un Dieu qui voudrait savourer le triomphe de Sa propre justice, mais de ce qui constitue les fondements mêmes de la vie spirituelle : le choix et la responsabilité. Car la vie spirituelle commence précisément avec le choix que fait un homme ou tout un peuple, et avant tout avec le choix du chemin spirituel : sera-ce le chemin indiqué par Dieu, ou celui que l'homme choisit selon son propre entendement ?
Mais le choix suppose aussi la responsabilité, la disposition de l'homme à répondre des conséquences du choix accompli et, en premier lieu, la reconnaissance du sérieux du choix lui-même. C'est pourquoi la reconnaissance de la faute pour le péché commis est si importante : elle suppose que l'homme prend au sérieux son propre choix, même lorsqu'il a été fait à tort. Dieu est prêt à pardonner les erreurs, même si elles ont été commises à plusieurs reprises. Et même lorsque ces erreurs n'ont pas été commises par ignorance, lorsqu'il faut bien parler d'erreurs spirituelles et non simplement d'erreurs de la raison ou du sentiment. Mais alors le fait de reconnaître qu'il y a eu erreur devient d'une importance fondamentale, car par là même on reconnaît le sérieux de l'intention, et donc du choix lui-même. Si, en revanche, un homme ou tout un peuple veut se tourner vers Dieu tout en refusant de porter la responsabilité de son choix erroné passé, comment expliquer autrement le refus de reconnaître sa faute pour un péché parfaitement évident à chacun ?, alors la conversion devient impossible : celui qui se convertit signe lui-même son irresponsabilité et, par conséquent, son incapacité spirituelle. Ainsi, le refus de porter la responsabilité du péché commis rend impossibles le repentir et le retour du pécheur à Dieu.
