RÉFLEXIONS pour Ac 20:29-31
En partant pour Jérusalem, Paul comprend que son chemin terrestre touche à sa fin. C'est bien ce qui arrivera : de Jérusalem, il partira pour Rome non plus en homme libre, mais en prisonnier envoyé au tribunal de l'empereur, que Paul réclamera en tant que citoyen romain. Et maintenant l'apôtre dresse le bilan de son ministère. Un bilan qui comporte deux aspects. Le premier est lié à sa fidélité à ce qu'il n'a cessé d'enseigner et d'inculquer à tous ceux que Dieu envoyait sur sa route. Paul dit de lui-même qu'il n'a jamais trahi la vérité qui lui avait été révélée, et qu'il en a toujours témoigné dans toute la plénitude qui lui était accessible. Le second aspect est lié à sa propre vie.
L'apôtre dit que les personnes présentes n'ont rien à lui reprocher : jamais, en rien, il n'a transgressé la Torah, quels que soient les hommes qu'il a rencontrés. En ce sens, selon ses propres paroles, Paul est pur, et, à en juger par l'absence d'objections, il en était bien ainsi en réalité. Bien sûr, le lien entre la prédication d'un homme et sa vie a toujours été reconnu : par définition, le maître devait correspondre à ce qu'il enseigne.
« Ils disent et ne font pas » est, en ce sens, une caractérisation absolument destructrice : on ne peut caractériser ainsi qu'un faux maître. Mais lorsqu'il s'agit d'un chrétien, ce lien devient une condition nécessaire de la demeure de l'homme dans le Royaume. Le savoir seul ne suffit pas ici, et même la compréhension de ce que l'on a appris et pensé ne suffit pas. Pour vivre dans le Royaume, il faut une prise de conscience de soi et de sa propre compréhension, cette prise de conscience qui permet non seulement de tout comprendre, mais aussi de changer sa vie conformément à ce que l'on a compris et appris.
Tant que le savoir, et même la compréhension de ce que l'on a appris, ne change pas la qualité de la vie spirituelle de l'homme, il est trop tôt pour parler de prise de conscience, et donc trop tôt pour parler d'intégrité spirituelle. Or le Royaume exige précisément cette intégrité ; sans elle, on ne peut y vivre. Et Paul manifeste une telle intégrité : il parle de lui non seulement comme d'un témoin, mais aussi comme d'un habitant du Royaume, prenant à témoin ceux qui ont vu son ministère apostolique. Et ils sont d'accord avec l'apôtre, car ils ont réellement entendu Paul de leurs propres oreilles et vu sa vie de leurs propres yeux.
