RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Mc 15:42-43

Parfois, des personnes restées longtemps inaperçues se retrouvent soudain au centre des événements. C’est ainsi que paraît soudain sur la scène, par exemple, Joseph d’Arimathie, mentionné par l’évangéliste. On ne sait presque rien de lui, sinon qu’il était un homme de très haut rang. Que représentait Jésus pour lui ? Quelles étaient ses relations avec Lui ? Sans doute un disciple secret, comme les autres évangélistes le disent aussi de lui ; mais que signifiait être Son disciple secret ? Soutenir dans une situation où aucun des disciples visibles ne peut rien faire, utiliser sa position pour que l’impossible devienne possible ? Oui, bien sûr, cela aussi. Mais l’essentiel, c’est la disponibilité.

Être un disciple visible est, en un certain sens, plus simple. Jésus dit bien sûr à tous les disciples et à tous ceux qui veulent l’entendre qu’il faut veiller toujours, que le relâchement spirituel et le chemin vers le Royaume sont incompatibles. Pourtant, ceux qui sont constamment auprès de Lui ont, en un certain sens, plus de facilité. Ils voient le Maître de leurs propres yeux ; pour eux, Il est réel absolument à chaque instant de leur vie. Les disciples secrets communiquaient sans doute avec Lui beaucoup moins souvent ; Il apparaissait pour eux et disparaissait, et l’on ne pouvait jamais dire avec certitude quand Il apparaîtrait la prochaine fois.

Les apôtres ont vécu quelque chose de semblable pendant la Cène, lorsqu’ils ont compris que Jésus allait les laisser pour un temps. Ils ne savaient pas où Il se préparait à aller, ils ne comprenaient pas vraiment le Maître et ne pouvaient pas imaginer ce qu’ils allaient vivre très bientôt ; mais ils comprenaient qu’en tout cas, maintenant, ils resteraient pour quelque temps (et pour un temps tout à fait indéterminé) seuls : ils ne verraient pas le Maître, n’entendraient pas Sa voix, ne sauraient pas où Il est ni ce qu’Il fait, et ne sauraient pas ce qu’Il exigerait d’eux à Son retour.

Cette situation rappelle beaucoup celle de tout chrétien aujourd’hui. Nous vivons à l’époque du Royaume qui vient, mais quand elle s’achèvera, nul ne le sait, sauf le Père. Nous ne pouvons ici calculer aucun délai, même approximativement ; il ne nous reste qu’à vivre avec la conscience que, n’importe quel jour, tout peut s’achever et le Sauveur peut revenir.

On ne peut pas se préparer à ce jour au sens où nous nous préparons à tel ou tel événement de notre monde. Les événements de notre monde, nous pouvons d’ordinaire nous les représenter au moins d’une certaine façon ; nous pouvons, au moins, essayer de réfléchir et de calculer ce dont nous pourrions avoir besoin (que ce calcul se révèle heureux et adéquat est une autre question).

Quant au Royaume et au retour du Messie, nous ne pouvons ici ni nous représenter quoi que ce soit ni calculer quoi que ce soit. Il ne reste que la disponibilité comme état spirituel intérieur, impliquant cette même vigueur spirituelle dont Jésus parlait comme d’une nécessité et que Ses disciples secrets devaient constamment maintenir : dans l’attente de l’apparition inattendue du Maître et avec la disposition intérieure à faire ce qu’il est absolument impossible de se représenter à l’avance.