RÉFLEXIONS pour Mt 4:18-23
Manifestement, l’œuvre principale de Jésus pendant Son ministère terrestre est le témoignage rendu au Royaume. Les miracles et les guérisons ne sont, au fond, que la preuve qu’il est proche, qu’il entre déjà dans notre monde et qu’il y est entré au point que chacun peut en ressentir la force.
C’est précisément en cela que consiste le sens de la bonne nouvelle apportée au monde par le Sauveur : Il est le Messie, Il est venu dans le monde et a apporté avec Lui ce Royaume messianique même dont parlaient les prophètes. Et le sens du christianisme consiste à accueillir ce Royaume et à y vivre.
Bien sûr, pour que cela devienne possible, il faut aussi accueillir Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, Lui faire entièrement confiance et Le suivre. Comme L’ont suivi les apôtres qu’Il a appelés à Sa suite. Les miracles et les guérisons sont le témoignage visible de ce qu’est le Royaume et de ce qu’il peut être. Car le miracle suppose toujours l’irruption, dans notre monde, des lois d’un autre monde qui, pour une raison ou pour une autre, s’est soudain trouvé tout proche. Ainsi le Royaume, devenu proche, entre dans notre monde en y introduisant ses lois. Et ces lois nient complètement la maladie et la mort, comme elles nient tout le mal et le péché dans lesquels gît le monde.
C’est pourquoi les guérisons et les résurrections sont devenues les principaux événements qui accompagnaient le chemin terrestre du Sauveur : elles sont devenues les signes du Royaume qui vient. Bien sûr, transformer entièrement la nature de l’homme qui demeure encore partie du monde non transfiguré était impossible. Mais donner à chacun de ceux qui entraient en contact avec le Royaume toute la plénitude de vie possible pour ce monde non transfiguré était tout à fait possible : les malades guérissaient, et ceux qui étaient morts prématurément revenaient à la vie afin d’en épuiser toute la plénitude qui leur était accessible sur terre et qu’ils n’avaient pas épuisée à cause du mal dans lequel gît le monde déchu. Et tous ceux qui rencontraient Jésus sur leur chemin se divisèrent entre ceux qui étaient prêts à vivre pleinement et ceux qui rejetaient cette vie avec Celui qui l’avait apportée dans le monde.
Ainsi le chemin du Royaume est devenu pour le Sauveur le chemin de croix qui Le conduit à travers la mort vers cette vie qu’Il a laissée au monde.
