RÉFLEXIONS pour Rm 5:12-21
En parlant du salut et de la libération du péché, Paul considère aussi ce processus à l’échelle cosmique. La corruption de la nature humaine, qui a notamment rendu la mort inévitable, est un fait évident pour chacun. De ce fait, en tout temps, les yahvistes, les juifs ou les chrétiens n’ont pas été les seuls à avoir conscience.
Que la nature de l’homme soit gravement abîmée, ou du moins déformée par quelque force mauvaise inconnue, toutes les écoles et doctrines religieuses et philosophiques de l’Antiquité le disent d’une manière ou d’une autre. Et cela est lié au péché par lequel les premiers hommes ont péché. Les conséquences du péché commis par les premiers hommes se transmettent à chaque personne qui naît dans le monde, comme une maladie héréditaire incurable qui affaiblit l’homme spirituellement et physiquement et le rend enclin au mal et au péché.
Il en a toujours été ainsi ; toute l’histoire de l’homme déchu se déroule sous le signe de cette maladie héréditaire, spirituelle et physique. Et la Torah, par elle-même, ne peut rien y changer. Ou plutôt, elle le peut, mais cela ne rend pas les choses plus faciles : par elle-même, elle n’aide pas l’homme à se libérer du péché et de cette corruption qui est devenue propre à la nature humaine après la chute. Au contraire, la Torah ne fait que souligner le péché de l’homme, le mettre en relief.
Le péché devient plus visible lorsqu’il y a la Torah, tout comme l’écart par rapport à la direction choisie devient plus visible lorsqu’il y a une boussole. Mais de même que la boussole, par elle-même, ne peut pas changer la direction du mouvement, de même la Torah, par elle-même, ne peut pas délivrer l’homme du péché. Il faut ici l’action de la force de Dieu et de l’amour de Dieu. Cette force et cet amour entrent dans le monde par le Messie, par le Christ, qui a apporté le Royaume dans le monde. Le Royaume est la manifestation de la force de Dieu et de l’amour de Dieu dans toute la plénitude accessible au monde ; il peut changer radicalement la situation.
Avec la venue du Christ et la manifestation du Royaume commence le processus de libération de l’humanité et du monde des conséquences de la chute ; c’est pourquoi on peut comparer précisément la venue du Christ au péché du premier homme : dans les deux cas, les conséquences sont d’ampleur universelle, mais leur vecteur spirituel est opposé. Et si le péché du premier homme détruit à la fois l’humanité et la création, la venue du Christ et la manifestation du Royaume les restaurent, les guérissant de cette maladie devenue la conséquence de la chute. C’est le seul moyen de surmonter les conséquences de la chute, aussi bien dans la vie d’une personne que dans l’histoire de l’humanité. Il n’y en a pas d’autre.
