RÉFLEXIONS pour Os 9:1-17
À première vue, la lecture d'aujourd'hui contient des reproches adressés au peuple pour son ingratitude, pour le fait qu'ayant reçu de Dieu tout, il s'est finalement détourné de Dieu et L'a oublié (v. 10). Mais à une lecture plus attentive, il devient clair que tout n'est pas si simple. Ce n'est pas par hasard qu'Israël est ici opposé aux autres peuples (v. 1). Il semblerait que ces autres ne connaissent pas Dieu et ne L'adorent pas, tout comme Israël, qui a oublié son Dieu, ne L'adore pas. Mais ces autres peuples ne L'ont jamais connu.
Avec Israël, la situation est autre: l'existence même du peuple juif est liée à l'intervention directe de Dieu dans l'histoire. En effet, la nation juive s'est formée au cours de l'Exode, qui n'aurait pas eu lieu si Dieu ne l'avait pas organisé. Avec les autres peuples, tout était différent; leur existence est conditionnée par des causes naturelles (dans la mesure où l'on peut considérer les processus sociaux comme naturels). Bien sûr, Dieu ne les abandonne pas non plus, mais, dans l'ensemble, l'histoire de ces peuples se déroule naturellement. L'histoire du peuple de Dieu, elle, a été dès le commencement conçue par Dieu comme une histoire surnaturelle, qui serait conditionnée non par des causes sociales, mais par des causes spirituelles.
Bien sûr, cela n'aurait été possible que si le peuple y avait consenti et avait permis à Dieu de diriger sa vie. À la différence des processus naturels, qui se déroulent sans demander le consentement de l'homme, l'action spirituelle suppose toujours sa participation, et, s'il s'agit de l'action de Dieu, une participation volontaire. C'est pourquoi le peuple de Dieu a toujours la possibilité de refuser le chemin proposé par Dieu. Mais, dans ce cas, il perd aussi sa perspective historique. Car le peuple de Dieu ne devait pas exister selon les lois naturelles; il n'a jamais été dans les plans de Dieu comme l'un des nombreux peuples qui existent selon de telles lois. Il ne peut exister que de la manière dont Dieu lui propose d'exister. Le peuple de Dieu n'est pas adapté à une autre existence; il ne peut ni ne doit exister autrement, il n'y a pas de place pour lui dans l'histoire naturelle. Toute tentative de vivre «comme tout le monde» ne le conduit qu'à la dégénérescence spirituelle, à la décomposition morale et à la catastrophe nationale.
Mais, hélas, il y a eu en tout temps dans le peuple juif des gens qui ne le comprenaient pas. Au temps d'Osée, ils étaient majoritaires au Nord. Et Dieu ne reproche pas seulement à Son peuple son ingratitude: Il l'avertit qu'il n'a qu'une seule possibilité de survivre spirituellement et physiquement: se tourner vers son Dieu et Lui garder fidélité. Comme tout homme qui s'est engagé sur le chemin de Dieu. Un chemin dont on ne peut se détourner sans perdre à la fois Dieu et soi-même.
