RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ga 1:11-12

Paul nous dit qu'il n'est nullement question de l'immutabilité des opinions et des convictions, même aussi fondamentales que les convictions religieuses. Et il donne son propre exemple : il fut en effet un adversaire convaincu des chrétiens et du christianisme jusqu'à ce qu'il rencontre lui-même le Christ ressuscité sur le chemin de Damas. Ce n'est qu'après cette rencontre que Paul devint celui que les Galates connurent : apôtre du Christ. Mais en même temps, aussi paradoxal que cela paraisse, Paul resta lui-même. Sa situation ne paraît paradoxale qu'à première vue.

La question est précisément de savoir ce que signifie « nous-mêmes ». Que signifie être vraiment soi ? Où chercher son vrai soi ? La manière la plus simple et la plus rapide consiste à se détacher intérieurement, au moins pour un temps, de tout ce que nous appelons nôtre ; car si nous sentons quelque chose comme nôtre, cela n'est certainement pas nous-mêmes. Déblayer toutes les couches physiologiques, psychophysiques et psychiques. Alors seulement on peut trouver son vrai soi. Au premier instant, il peut sembler que nous n'existions pas du tout ; mais cela se comprend, car nous avons l'habitude de voir non pas nous-mêmes, mais notre reflet dans nos propres pensées, sentiments et états émotionnels.

Certes, l'homme n'est pas seulement esprit, mais aussi nature ; cependant le noyau de la personne humaine est spirituel, non naturel. Si nous avons l'habitude de nous vivre comme nature, peu importe ici qu'il s'agisse de nature extérieure, corporelle, ou intérieure, psychique, si nous avons l'habitude de nous identifier à elle, alors, en vivant pour la première fois notre existence comme vie du « moi » spirituel, nous nous sentirons très probablement mal à l'aise. Mais ce n'est qu'ainsi que nous pourrons comprendre qui nous sommes en réalité, et comprendre ce que nous pouvons devenir devant Dieu et devant les hommes. Car ici la question de la vérité ou de la fausseté de nos représentations, de nos concepts, de nos opinions, et surtout de nos actes et du choix que nous faisons, s'ouvre à nous d'une tout autre manière.

Ici, on peut passer de persécuteur des chrétiens à chrétien soi-même tout en restant soi-même, mais seulement si se produit quelque chose qui touche cette profondeur du véritable « moi » spirituel. Voilà pourquoi Paul appelle les Galates à demeurer dans la profondeur, sans s'orienter sur les manifestations extérieures et superficielles de leurs propres « moi ». À ne pas essayer de trouver à la surface ce qui se trouve dans cette profondeur. Alors il leur deviendra parfaitement clair et évident où est le véritable Évangile et où est l'illusoire. Et aucune opinion extérieure, aucune habitude ni aucun modèle ne pourront empêcher cette reconnaissance.