RÉFLEXIONS pour 2Co 8:16-24
En parlant de l'entraide entre les Églises et de la collecte des dons, Paul attire une attention particulière sur l'exactitude et le scrupule qui, dans les affaires liées à l'argent, ne sont jamais superflus (v. 18-21). Pour l'apôtre, il était manifestement particulièrement important d'attester sa probité non seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes. Bien sûr, il avait aussi en vue l'honnêteté ordinaire, humaine, dans tout ce qui concernait sa propre responsabilité matérielle, aussi bien devant ceux dont l'argent avait été confié à lui et à ses compagnons que devant ceux à qui il devait le remettre. En fin de compte, il s'agissait ici, ni plus ni moins, d'observer le huitième commandement, car si quelque chose de ce qui avait été recueilli pour aider les Églises avait disparu par la faute de Paul, cela aurait équivalu à un vol.
Mais il ne s'agit probablement pas seulement d'observer la Torah. Il s'agit aussi de cette confiance sans laquelle il n'y a pas de relations du Royaume. Pour Paul, en effet, l'entraide qui existe entre les communautés chrétiennes n'est rien d'autre que la projection des relations qui unissent les habitants du Royaume sur les relations matérielles qui existent entre eux dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore entièrement transfiguré. Et ces relations matérielles, comme toutes les autres, peuvent elles aussi devenir soit un témoignage, soit un contre-témoignage, selon ce qu'elles seront. L'apôtre veut sans aucun doute qu'elles deviennent un témoignage du Royaume au même titre que sa prédication elle-même.
Un tel témoignage se révélait bien plus important qu'il ne peut paraître au premier abord: il permettait en effet de se convaincre concrètement que, même dans notre monde, pas encore transfiguré et donc plongé dans le mal, il est possible non seulement de parler de l'expérience intérieure liée au Royaume, mais aussi de vivre selon ses lois, en construisant de manière correspondante ses relations avec les autres. Et un tel témoignage était véritablement inestimable, car il montrait clairement à tous que le Royaume, selon la parole du Sauveur, s'était réellement «approché», approché au point que, même dans un monde pas encore transfiguré, rien n'empêche déjà ceux qui cherchent le Royaume de vivre selon ses lois, pourvu qu'ils le veuillent.
