RÉFLEXIONS pour Mt 5:33-41 — le 13 juin 2025

RÉFLEXIONS pour Mt 5:33-41

Le Seigneur nous dit aujourd’hui: ne jure pas du tout. De quels serments est-il question ici? Ce qui vient d’abord à l’esprit, c’est le serment d’Hérode, apparemment innocent au premier regard (Mc 6:6-14), mais devenu terriblement sinistre dans son accomplissement. Mais est-ce seulement de cela qu’il s’agit ici?

Tournons-nous vers le passage parallèle du livre des Nombres. «Si quelqu’un fait un vœu au Seigneur, ou s’engage par serment en imposant une obligation à son âme, il ne doit pas violer sa parole, mais il doit accomplir tout ce qui est sorti de sa bouche» (Nb 30:3). Ici, au contraire, il est question d’une coutume pieuse. Et qu’en est-il de nous? Peut-être avons-nous, nous aussi, de telles «coutumes pieuses»?

Bien sûr que nous en avons, bien que plus de 2000 ans se soient écoulés depuis que le Christ nous l’a interdit. Très souvent aujourd’hui, on peut lire, même dans des textes de hiérarques contemporains, que, par exemple, pour le Grand Carême, il faut prendre, en plus de l’abstinence corporelle, divers engagements: ne pas regarder la télévision, relire les quatre Évangiles, être plus affectueux avec ses parents, et ainsi de suite. Tout cela est un mensonge envers soi-même et proposé à Dieu. Chaque jour doit être vécu comme si l’aorte allait se rompre; chaque jour peut devenir le dernier pour toi comme pour le monde entier, et cela ne dépend pas du fait que ce jour tombe pendant le Grand Carême ou au temps pascal. Et combien tous les vœux et engagements paraissent stupides sur ce fond.

Le père Gueorgui Tchistiakov, recteur de l’église de l’Intercession à l’Hôpital clinique pédiatrique républicain, se souvenait un jour de son arrivée au ministère. «Et à un certain moment, j’ai compris: puisque aucun prêtre n’a commencé à travailler ici régulièrement, c’est donc moi qui dois le faire. Je ne peux plus dire exactement quand il m’est devenu clair que je devais m’en occuper. Je n’ai fait aucun vœu, je n’ai vécu aucune illumination. Cela s’est produit très simplement, naturellement, on pourrait dire sans ma participation, sans la participation de nos paroissiens, de mes amis, — tout s’est passé indépendamment de nous».