RÉFLEXIONS pour Jn 21:15-25
Pierre et Jean. Ces deux-là n'avaient pas fui cette nuit-là à Gethsémani, comme tous les autres. Ce n'est pas par hasard que Jésus s'adresse d'abord à Pierre. Et peut-être même à lui seul. En tout cas, l'évangéliste ne dit pas un mot d'éventuelles questions posées par Jésus aux autres disciples lors de cette rencontre. Mais à Pierre, il demanda: m'aimes-tu? Et il répéta la question trois fois. Comme s'il ramenait Pierre là-bas, dans la cour du Temple, où il avait trois fois renié connaître Jésus. Lui seul. Pour le reste, si l'on s'en tient à ce que dit l'évangéliste, Il ne demanda rien à personne. Et cela se comprend: que demander à ceux qui avaient fui? Ce ne sont pas des hommes perdus, non. Au contraire: tout est encore devant eux. Ils n'ont pas encore commencé leur chemin.
Mais Pierre, lui, avait commencé. Il avait fait le premier pas en suivant Jésus dans la cour du grand prêtre. Alors qu'il n'espérait plus rien, comme tous les autres. C'est là le premier pas: reconnaître la valeur propre de la relation avec le Christ. Et le reniement de Pierre dans la cour du Temple, Jésus l'évalue depuis la hauteur de ce premier pas accompli par Pierre. C'est précisément là, dans cette cour, qu'il avait commencé à devenir Son véritable disciple. Et il a failli tomber. Il n'est pas devenu traître. Ce qui a tout réparé, c'est que Pierre s'est aussitôt ressaisi: le chant du coq a retenti comme un tocsin.
Mais la chute était proche, très proche. Et Jésus pose à Pierre la question: alors, m'aimes-tu plus que ceux-ci? Comment as-tu traversé ce moment dans la cour du Temple? As-tu cédé ou as-tu tenu bon? Tes relations avec Moi, profondément personnelles et indépendantes de tout, qu'en est-il? Sont-elles restées? Ou es-tu devenu comme tous Mes autres disciples, et dois-tu maintenant tout recommencer depuis le début, comme eux? Bien sûr, Jésus voit tout parfaitement Lui-même. «Seigneur, Tu sais tout, Tu sais que je T'aime.»
Lui, Jésus, le sait bien sûr. Mais Il a besoin que Pierre aussi se comprenne. Qu'il se dise à lui-même ce qu'il vient de Lui dire. Pour que cela devienne évident: lui, Pierre, a un pas d'avance sur les autres. Et s'il en est ainsi, alors: «Pais Mes brebis». Non parce qu'il est supérieur, mais parce qu'il est allé en avant. Il a osé dans sa relation avec le Maître ce que les autres n'ont pas osé. C'est ainsi que, dans l'Église du Christ, on devient de vrais pasteurs et présidents. Et Jean? Lui non plus n'avait pas fui alors... «Que t'importe? Toi, suis-Moi.» Tu as ton chemin, lui a le sien. Va par ton chemin. Suis-Moi. Ton frère passera par le sien. Nous nous retrouverons tous dans Mon Royaume.
