RÉFLEXIONS pour Am 1:1-2:16
Le jour du désastre dont parle le prophète comme d'un châtiment de Dieu s'avère être quelque chose de vraiment terrible, si même les plus courageux des courageux, ce jour-là, « s'enfuient nus », comme les derniers des lâches. Qu'est-ce donc, parmi ce qu'Amos a nommé, qui pouvait effrayer ainsi les habitants de Juda ou du royaume d'Israël ?
Bien sûr, la guerre ou l'épidémie sont toujours et pour tous terribles. Mais de tout temps il s'est trouvé des personnes qui gardaient leur courage même dans une situation critique, si lourde fût-elle. À ce qu'il paraît, en parlant des braves qui se transforment sous nos yeux en lâches, le prophète n'a pas seulement en vue des dangers terribles menaçant ces braves. Pourtant, la situation devient plus compréhensible si l'on se souvient que la question du courage et de la lâcheté est une question spirituelle, que le courage en lui-même est un état spirituel, conséquence d'un choix tout à fait défini fait dans une situation concrète et de la résolution de suivre ce choix quoi qu'il arrive.
Si l'on part de l'idée que les malheurs et les catastrophes qui s'abattent sur le peuple à la suite de la violation du commandement donné par Dieu sont précisément des châtiments envoyés par Dieu, la situation ne restera malgré tout compréhensible qu'en partie : car un homme courageux est capable de recevoir même le châtiment avec fermeté, d'autant plus s'il comprend qu'il l'a mérité. Mais en est-il ainsi ? Et Dieu doit-Il punir l'homme pour le péché et l'apostasie, pour ainsi dire, de Sa propre main ? Car la vie spirituelle est avant tout relation, relation avec Dieu et avec les prochains. Et si l'homme rompt la relation avec Dieu en violant les commandements donnés par Lui ?
Alors, de toute évidence, toutes les conséquences d'une telle rupture s'abattront sur lui. Et de la même manière elles peuvent s'abattre sur un peuple, si tout le peuple rompt la relation avec Dieu en trahissant l'alliance conclue un jour. C'est là que le courage peut réellement quitter même les plus intrépides : car il n'est possible que dans une vie spirituelle normale, dans le cas de relations pleines avec Dieu. Mais dans une situation où les relations avec Dieu sont rompues ou réduites au minimum, il n'est pas question de courage. Et alors même les héros parmi les héros peuvent tout à fait, comme les derniers des lâches, fuir devant un danger qui, dans un autre état spirituel, ne leur aurait pas paru si terrible.
