RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 2Co 1:1-11

Paul commence sa deuxième lettre à l'Église de Corinthe en mentionnant les persécutions qui se sont abattues sur lui-même et sur ses compagnons en Asie Mineure (la province romaine d'Asie, v. 8). Et en parlant de ce que sont la confession de la foi et le martyre pour un chrétien (v. 3-5). À l'homme qui ne connaît pas le Royaume, cela apparaît souvent comme quelque chose de semblable aux persécutions dont ont souvent souffert autrefois, et souffrent encore aujourd'hui, les prédicateurs d'idées nouvelles ou les combattants de la justice. En un certain sens, ce regard peut être tenu pour juste: tous les apôtres, Paul compris, prêchaient le Christ et rendaient témoignage au Royaume; il y avait là place pour des idées nouvelles et pour des rappels exigeants de la Torah et de la justice sans laquelle on n'entre pas dans le Royaume.

Mais le témoignage des apôtres n'était pourtant pas l'exposé d'idées nouvelles ni un appel à la justice aussi vieux que le monde. Le Royaume apporté au monde par le Sauveur n'est pas une idée ni un appel à une vie nouvelle: il est la vie même, aussi réelle et indubitable pour le témoin que l'est, pour l'homme qui ne connaît pas le Royaume, la vie de notre monde encore non transfiguré. Et la disponibilité même à mourir devient non seulement une preuve de la vérité des paroles du témoin, qu'il place au-dessus de sa propre vie, mais un témoignage en tant que tel, un exemple visible du fait que la vie du Royaume est pour celui qui parle une réalité authentique et certaine, plus réelle même que la mort, qui met le point final au destin de chacun dont la vie se déroule seulement dans les limites de notre monde encore non transfiguré. Dans un monde atteint par le péché, tous sont condamnés à la mort; la question est seulement de savoir si la vie de l'homme se limite au cadre de ce monde, ou s'il peut tout de même espérer en Celui qui, ayant lui-même vaincu le péché du monde, peut délivrer de la puissance de la mort ses propres disciples (v. 9-10).

Les souffrances et la mort, en elles-mêmes, ne prouvent bien sûr rien. Ce qui peut devenir preuve, c'est seulement le fait évident qu'il existe dans la vie du témoin quelque chose qui n'est soumis ni aux souffrances ni à la mort, fait dont le témoin sera capable de témoigner devant ceux qui l'entourent précisément au temps des souffrances ou à l'instant de sa propre mort. Or un tel témoignage n'est possible que si le témoin vit de la vie du Royaume, la sentant en lui même lorsque l'homme qui ne connaît pas le Royaume n'a déjà plus rien sur quoi compter. Il n'est pas étonnant que puissent participer à de telles souffrances aussi ceux qui n'y sont pas directement mêlés: il s'agit en effet du Royaume, qui ne connaît pas de frontières (v. 6-7). Certes, ni les souffrances ni la mort en elles-mêmes n'ont de sens et ne peuvent en avoir, pas plus qu'aucun mal. Mais la victoire sur la mort a un sens, et le chrétien peut en témoigner. Alors son témoignage devient non plus seulement celui de sa propre intrépidité devant la mort, mais le témoignage du Royaume.