RÉFLEXIONS pour 1Co 16:1-24
À la fin de sa lettre à l'Église de Corinthe, Paul, comme toujours, mentionne les personnes qui partageaient avec lui ses travaux et son ministère. Des unes, nous savons quelque chose par d'autres livres du Nouveau Testament; des autres, nous ne pouvons que conjecturer, car nous ne connaissons que leurs noms. Il est probable que certaines de ces personnes étaient peu connues de l'Église de Corinthe, voire pas connues du tout. Et pourtant l'apôtre demande aux frères de Corinthe de les accueillir comme les leurs.
Or il n'existait pas alors d'hôtelleries ecclésiales semblables à celles qui existent aujourd'hui auprès de certaines églises, de sorte qu'accueillir les personnes dont parle Paul aurait dû se faire chez l'un des frères, dans sa propre maison. Mais, à ce qu'on voit, cela ne trouble pas l'apôtre; il ne demande pas d'accueillir ses compagnons si la possibilité ou le désir se présente, il est absolument sûr que les chrétiens de Corinthe trouveront et la possibilité et le désir. S'il s'agissait des lois et des normes de notre monde pas encore transfiguré, une telle attitude pourrait être considérée, au mieux, comme de l'indiscrétion. Mais Paul, dans ce cas, agit selon d'autres lois, selon les lois du Royaume, où il n'y a pas d'étrangers, et où il ne peut donc pas arriver qu'un frère venu de loin doive passer la nuit dans la rue.
Et cette certitude de l'apôtre que cela est possible, qu'il peut compter sur les chrétiens de Corinthe en matière d'hospitalité, témoigne que, dans l'Église en général et dans l'Église de Corinthe en particulier, la situation spirituelle était normale malgré tout ce que Paul lui-même avait écrit à ses frères de Corinthe. Car accueillir chez soi une personne que l'on voit pour la première fois n'est possible que lorsque les relations avec elle s'établissent aussitôt, au premier regard, ou bien existent déjà depuis longtemps. L'un et l'autre ne sont possibles que par la grâce et seulement dans le Royaume; quant à la nature de notre monde pas encore transfiguré, elle agit de manière destructrice sur toutes les relations, qui, sous cette influence, se refroidissent ou se formalisent, à moins que les personnes ne soient liées par quelque chose de naturel. Et le fait même que Paul ne doute pas un seul instant de ses frères de Corinthe est le meilleur témoignage de la réalité de l'Église comme communauté de personnes vivant dans le Royaume et selon les lois du Royaume. L'Église telle qu'elle doit être, telle qu'elle a été voulue et créée par son Fondateur.
