RÉFLEXIONS pour 1Co 15:51-58
En achevant son discours sur la transfiguration et la résurrection, Paul trace une limite nette entre ceux qui ont choisi le Royaume et ceux qui ne l'ont pas fait (v. 51-52). Par «nous», l'apôtre entend ici sans aucun doute les chrétiens, et par chrétiens l'Église, qui pour lui n'est rien d'autre qu'une communauté de personnes vivant dans le Royaume. Il n'est pas étonnant que Paul parle dans ce cas non de mort, mais de transformation ou de changement: car pour ceux qui ont déjà choisi le Royaume dès maintenant, le dernier jour deviendra quelque chose d'attendu et plus ou moins prévisible, comme pour quiconque, après un long chemin, atteint enfin le but fixé et longtemps désiré. Bien sûr, le but peut très bien se révéler un peu différent de ce que se représentaient ceux qui marchaient de loin, mais, en tout cas, ils ne se tromperont ni ne seront déçus sur l'essentiel.
Il en va autrement de ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n'ont pas choisi le Royaume pendant leur chemin terrestre. En soi, cela n'est pas fatal, car le choix peut être fait même au tout dernier moment; et s'il est sincère, et si les raisons du retard précédent sont suffisamment sérieuses, celui qui aura fait ce choix recevra le Royaume, à la manière des ouvriers de la onzième heure dans la parabole du Sauveur. Mais pour eux, le dernier jour deviendra précisément le jour du Jugement au plein sens du terme, car il ne sera pas pour eux l'achèvement d'un chemin commencé d'avance, mais le commencement inattendu d'une vie entièrement nouvelle pour eux et donc jusque-là inconnue. Ce n'est pas par hasard que Paul parle à leur sujet précisément de résurrection, et non de transformation ou de changement: car ceux qui participent au Royaume participent par là même déjà, dans une certaine mesure, au processus qui s'achève à la fin des temps par la résurrection universelle et la transfiguration de la nature humaine.
En un certain sens, on pourrait dire que ceux qui vivent dans le Royaume, même dans la mesure de plénitude possible dans notre monde pas encore transfiguré jusqu'au bout, ressuscitent déjà maintenant, mais leur résurrection s'achèvera à la fin des temps avec le retour du Sauveur. Quant à tous les autres, pour eux tout commencera et s'achèvera alors même, au dernier jour, bien que, bien sûr, jusqu'au Jugement dernier leur sort dans l'éternité demeure indéterminé. Et ce n'est qu'après que le sort de chacun aura été déterminé et que le processus de transfiguration universelle sera achevé que la victoire sur la mort sera complète (v. 54-55). Et cette victoire, à son tour, ouvrira la voie à la plénitude de cette vie et de ce souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré.
