RÉFLEXIONS pour 1Co 15:35-50
Poursuivant le discours sur la résurrection universelle, Paul, comme s'il polémiquait avec un adversaire inconnu de nous, met particulièrement l'accent sur le fait que la résurrection est impossible sans un changement qualitatif de la nature humaine, que le langage biblique appelle transfiguration. Il semble que beaucoup de païens récemment convertis au Christ regardaient encore la résurrection de manière païenne, et une question tout à fait raisonnable surgissait chez eux: la résurrection ne sera-t-elle pas quelque chose de contre nature, une sorte de mouvement en arrière, comme si, par exemple, un fleuve se mettait soudain à couler vers sa source au lieu de son embouchure (v. 35)?
En répondant à cette question, l'apôtre indique que la mort n'est pas l'achèvement du chemin ni le début de la dégradation, mais seulement l'une des étapes de ce mouvement spirituel qui s'achève par la pleine transfiguration de l'homme qui suit le Christ et participe à la vie du Royaume (v. 36-38). Tout le monde créé par Dieu a rapport à ce que l'on appelle la «gloire», par laquelle la Bible entend la présence de Dieu, même si la mesure de cette «gloire» est propre à chaque créature (v. 39-41). Tout peut être transfiguré et sera transfiguré à la fin des temps, et la mesure de gloire déterminera la place et la qualité de chaque créature de Dieu dans le monde nouveau, transfiguré. Quant à l'homme, il a dans le Royaume son chemin particulier. La transfiguration de l'homme suppose le passage par la mort et son dépassement (v. 42-44).
Le chemin de l'homme à cet égard ressemble au chemin terrestre du Sauveur Lui-même, qui est Lui aussi passé par la mort afin que le Royaume puisse entrer dans notre monde, qui n'est pas encore transfiguré. En parlant du «corps psychique», l'apôtre a manifestement en vue cette nature humaine non transfigurée et blessée par le péché, qui vit principalement d'une vie naturelle, reléguant au second plan la vie de l'esprit. Mais cet état de l'homme est temporaire, car Dieu a créé l'homme dès le commencement afin de lui donner le Royaume dans toute sa plénitude. La chute a retardé et ralenti l'accomplissement de cette tâche, mais ne l'a pas annulée, et le chemin terrestre de l'homme n'a de sens que lorsqu'il est orienté vers le Royaume et s'achève en lui (v. 45-49). Or la transfiguration de la nature humaine est une étape nécessaire de ce chemin, car la nature, y compris la nature humaine, dans son état actuel, n'est pas apte au Royaume et n'y entrera pas (v. 50). Le Royaume n'est pas une forme chrétienne particulière d'existence après la mort, comme le pensaient sans doute certains chrétiens de Corinthe, mais la plénitude de la vie qui s'ouvre à l'homme au terme du chemin, après la transfiguration et le renouvellement. Une vie accessible à chacun déjà dans ce monde en voie de transfiguration, bien qu'il ne soit pas encore transfiguré jusqu'au bout.
