RÉFLEXIONS pour Jn 15:1-8 — le 21 mai 2025

RÉFLEXIONS pour Jn 15:1-8

En parlant de la parole par laquelle Il a purifié Ses disciples, Jésus témoigne de nouveau de Lui-même comme de la Torah vivante. C'est précisément des paroles de la Torah que l'on disait alors qu'elles purifiaient l'homme. Il ne s'agissait certes pas d'apprendre par cœur le texte du Pentateuque et de le répéter dans l'espoir que cette répétition même délivrerait celui qui répète de tous ses péchés. Même si, à cette époque, il y avait parmi les Juifs beaucoup de gens qui connaissaient réellement le Pentateuque par cœur, comme d'ailleurs aujourd'hui.

Mais il ne s'agissait pas d'apprendre le Pentateuque par cœur ; il s'agissait de laisser le commandement de Dieu changer sa vie. D'abord intérieure, puis extérieure. On ne regardait pas le commandement simplement comme une norme juridique ou même morale, mais comme une révélation directe de la volonté de Dieu. Comme l'intention de Dieu adressée à l'homme. Il fallait l'accueillir comme telle et bâtir sa propre vie en conformité avec elle. Accorder ses intentions humaines avec celles de Dieu. C'est ce qu'on appelait alors la Torah intérieure. Celle-là même qui purifiait l'homme. Parce qu'elle devenait réellement la parole vivante de Dieu, capable de purifier. Or Jésus parle de la force purificatrice de Ses paroles. Il affirme ainsi que chacune de Ses paroles est parole de Dieu. Mais la purification par la parole ne suffit pas. Il faut encore garder l'unité essentielle avec le Christ, sinon une vie plénière dans le Royaume est impossible. Essentielle signifie : vivre avec Lui d'une seule et même vie.

Comme les sarments sur la vigne : une vie normale n'est possible pour eux que tant qu'ils demeurent unis à cette vigne même. Cependant, une simple participation ne suffit pas : il faut encore que la même vie se poursuive dans le sarment lui-même. Les sarments secs, comme les branches sèches des arbres, ne servent à rien ; ils ne sont qu'un fardeau pour l'arbre ou pour la vigne. Il ne suffit pas d'être près de Jésus et de prendre part à Sa vie, il ne suffit pas d'éprouver le souffle du Royaume comme une réalité ; il faut encore devenir soi-même le réceptacle et le porteur de cette vie et de ce souffle.

Certes, le souffle du Royaume qui enveloppe l'homme le change, et la rencontre avec le Christ ne passe pas sans laisser de trace ; mais si, après tout cela, l'homme ne change pas intérieurement, ne devient pas lui-même, selon la parole de Paul, « temple du Saint-Esprit », lieu où l'Esprit demeure, on peut dire que toutes les rencontres ont été vaines et que toute l'expérience s'est perdue inutilement. C'est pour cela que le chrétien a besoin de la Torah intérieure, afin que ce qui a été reçu dans les rencontres avec le Christ et dans l'expérience du Royaume ne s'écoule pas de son âme comme l'eau à travers un tamis. C'est seulement dans cette double unité de la Loi, la Torah intérieure, et de la grâce que la vie du Royaume est possible, non pas épisodique et fortuite, mais plénière.