RÉFLEXIONS pour Mc 10:32-45 — le 20 mai 2025

RÉFLEXIONS pour Mc 10:32-45

La question de la primauté revenait périodiquement dans les conversations des disciples entre eux, encore et encore. Sans aucun doute, ils se représentaient encore le Royaume comme pleinement terrestre, et dans tout État terrestre, même établi par Dieu, il y a un roi et des proches. Le Roi, cela va de soi, ils Le voyaient dans leur Maître, car ils ne doutaient pas de Sa messianité, mais qui serait parmi Ses proches ? Les Douze, cela se comprend, mais quelqu'un sera bien parmi les plus proches, quelqu'un s'assiéra à la droite du Roi, et quelqu'un à Sa gauche ?

Il en avait été ainsi en tout temps et dans tous les États, et les apôtres ne pouvaient simplement pas encore se représenter le Royaume autrement. Ces conversations sont particulièrement remarquables sur le fond du récit de Jésus au sujet des souffrances et de la mort qui L'attendent. Les disciples semblent ne pas remarquer les paroles du Maître, même si, en réalité, ils ne L'entendent tout simplement pas, comme il arrive souvent qu'une personne n'entende pas ce qui ne tient pas dans sa conscience. Jésus, Lui, tente encore et encore de leur expliquer que, dans le Royaume entré dans le monde avec Lui, tout n'est pas comme dans les royaumes terrestres du monde déchu.

Il dit directement aux disciples : dans le monde déchu, les gouvernants recherchent avant tout le pouvoir, et un pouvoir non pas tant sur les corps que sur les âmes de ceux qu'ils veulent gouverner. Le pouvoir, dans le monde déchu, est une manière de s'approprier d'autres personnes, leurs vies, leurs âmes, afin qu'elles appartiennent ensuite au dominateur et qu'il puisse en disposer à son gré, de la même manière que chacun est libre de disposer de lui-même, de son âme et de sa vie. Le Royaume est organisé autrement ; là, la question du pouvoir, ou plutôt de ce qui y correspond à la notion terrestre de pouvoir, est une question de service.

Dans la mesure où l'homme est prêt à être l'esclave de tous, il a du pouvoir, dans le sens particulier du mot, celui où il s'applique aux relations du Royaume. Il s'agit ici de l'esclavage sous la forme patriarcale où il existait chez les Juifs, lorsque l'esclave était en fait membre de la famille, mais sans droits. L'esclave ne revendiquait rien dans la maison, mais il y vivait et profitait dans la maison de tout ce dont profitaient les autres membres de la famille. Dans certains cas, il pouvait même hériter du maître de maison.

L'esclave domestique travaillait comme les esclaves ont toujours travaillé, sans compter et sans exiger de salaire. En revanche, il recevait autant qu'il lui fallait : il n'avait pas de gain fixe. C'est une telle position envers les autres qui est adéquate du point de vue des relations qui unissent entre eux les habitants du Royaume. Dans le monde déchu, rien de semblable, bien sûr, ne peut exister, mais Jésus oriente les disciples précisément vers les relations du Royaume, du moins lorsqu'il s'agit de leurs relations avec Lui et entre eux.