RÉFLEXIONS pour 1Co 10:13
Paul considère tous les problèmes spirituels et les péchés qui se manifestent dans la vie de l’Église de Corinthe comme une « épreuve humaine », c’est-à-dire une épreuve où il n’y a rien d’inhabituel, rien de surnaturel, ni même, sans doute, rien de particulièrement terrible. Le mot « épreuve », dans un tel contexte, est habituellement rendu en russe par « tentation », mais le mot grec correspondant (comme son équivalent hébreu) signifie précisément « épreuve », même s’il peut aussi contenir le sens que nous entendons aujourd’hui lorsque nous parlons de tentations. Pour nous, cependant, les tentations sont le plus souvent liées à nos propres péchés, tandis que les épreuves s’associent d’ordinaire à une sorte d’examen, à une vérification de notre foi et de notre fidélité.
Mais, à strictement parler, la différence entre l’épreuve et la tentation ne tient qu’au fait que nous réussissons ou non l’examen. Si nous le réussissons, nous parlons (parfois avec fierté) de l’épreuve que nous avons traversée; si nous échouons, nous appelons l’épreuve tentation, déplorant que nos péchés se soient montrés, une fois de plus, plus forts que nous. Pour les premiers chrétiens, cependant, il n’y avait manifestement pas de séparation nette sur ce point, et Paul ne fait pas exception.
Et ce n’est pas étonnant : pour l’apôtre, le christianisme n’est pas une religion où il y aurait place, d’un côté, pour une prédication éclatante et un héroïque sacrifice de soi, et de l’autre, pour une lutte secrète contre son propre péché, secrète parce qu’il est gênant et honteux de parler de telles choses à voix haute. Pour Paul, le christianisme est la vie dans le Royaume. Peu importe ce qui empêche l’homme de vivre pleinement cette vie : la peur de persécutions possibles ou réelles, l’amertume devant le rejet de ceux qui vivent de la vie de « ce monde », ou l’une de ces passions ou de ces vices qui ont saisi l’intelligence et le cœur, et dont l’apôtre dit qu’il est inconvenant même de les mentionner parmi les chrétiens.
Dans tous les cas, il s’agit de quelque chose d’incompatible avec la vie du Royaume et qui doit donc être surmonté. Il s’agit donc toujours d’une épreuve. Et qu’elle soit « humaine », propre aux hommes, cela aussi est malheureusement vrai : Paul parle de choses qui, pour les hommes déchus, sont hélas assez typiques, malgré toute leur laideur. Mais l’apôtre sait aussi autre chose : pour ceux pour qui la vie du Royaume est plus importante que tout le reste, de telles épreuves sont tout à fait surmontables. Car, contrairement aux hommes, Dieu est fidèle aux promesses qu’Il a faites une fois et à l’alliance qu’Il a conclue une fois.
