RÉFLEXIONS pour 1Co 10:23-33 — le 9 mai 2025

RÉFLEXIONS pour 1Co 10:23-33

Les conseils pratiques de l’apôtre concernant les viandes sacrifiées aux idoles sont assez simples. Si personne ne t’indique que la nourriture qu’on te propose est consacrée à quelque dieu ou esprit païen, mange tranquillement : il ne vaut pas la peine d’être hypervigilant et de calculer toutes les chances possibles de souillure par des viandes sacrifiées aux idoles.

Cela se comprend : Paul comprend parfaitement qu’au fond, tous les dieux et esprits des païens ne sont rien pour le chrétien, parce que, même s’ils sont des esprits créés tout à fait réels, parfois déchus, ils ne peuvent pas s’opposer à la force du Royaume et à son souffle. Les chrétiens n’ont pas à craindre le moindre mal de la part de ces êtres spirituels en eux-mêmes. Le problème n’est pas en eux, mais dans les hommes et dans le témoignage.

Tout est permis, on peut même manger des viandes sacrifiées aux idoles, mais un tel comportement ne deviendra-t-il pas un contre-témoignage ? Dans certains cas, ce sera évident. Par exemple, quand on vient dans la maison d’un païen, en fait, à cette époque, simplement chez un homme du monde, et qu’il te propose de la nourriture en mentionnant que ce qui est proposé est consacré à l’un des dieux païens. En partageant un tel repas, on partage involontairement l’attitude du convive envers son dieu, et il y a là déjà une trahison effective du Christ, sous les yeux de celui qui aurait peut-être voulu voir en toi un exemple de fidélité à Lui, et non d’indifférence.

En tout cas, une telle indifférence ne deviendra certainement pas un témoignage. C’est autre chose si le maître de maison propose simplement de partager son repas avec lui, sans rien dire d’aucun dieu. Dans ce cas, bien sûr, on pourrait commencer un interrogatoire serré du maître de maison pour savoir si, par hasard, la nourriture proposée ne serait pas d’une manière ou d’une autre sacrifiée aux idoles. Peut-être n’en sait-il rien lui-même, mais si l’on réfléchit et se souvient... bref, dans ce cas, le repas se terminera très probablement avant d’avoir commencé.

Et le maître de maison, homme ordinaire du monde, se convaincra que les chrétiens sont des gens obsédés par les interdits religieux, avec lesquels il est impossible de s’asseoir à la même table : ils tourmenteront tout le monde par leur examen minutieux de tout ce qui est sur la table du point de vue de la pureté religieuse. Il est difficile de considérer un tel « témoignage » comme chrétien. C’est de cela que part Paul : si ta propre conscience ne te condamne pas, alors il faut penser à la mesure dans laquelle ton comportement peut servir le témoignage au Christ et au Royaume, et agir en conséquence.