RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 1Co 10:1-13

Poursuivant la conversation sur la vie dans le Royaume, Paul se tourne vers l’histoire de l’Exode (v. 1-5). Pour lui, comme on le voit, cette histoire devient la préfiguration des processus spirituels qui se déroulent dans la vie de chaque chrétien et d’Églises entières (v. 6-11). Une telle comparaison n’est évidemment pas fortuite : car l’Église, pour l’apôtre, n’est rien d’autre que le nouveau peuple de Dieu, ce reste même dont parlaient les grands prophètes d’Israël. Et il lui importe que le peuple de Dieu demeure précisément le peuple de Dieu, sans dégénérer spirituellement ni se transformer en une communauté purement religieuse, comme il y en eut beaucoup en tout temps, ni en une sorte de « fraternité de table » particulière, liée non par la vie commune du Royaume, mais par des opinions et des intérêts communs. Pour cela, il fallait éviter deux extrêmes : d’une part, la formalisation religieuse excessive de la vie ecclésiale, et d’autre part, le relâchement spirituel menant au dérèglement moral.

C’est dans ce contexte que retentit l’avertissement de Paul aux chrétiens de Corinthe au sujet d’une chute possible (v. 12). Il importait de trouver ce juste milieu qui permettrait aux chrétiens de rester habitants du Royaume sans dévier ni d’un côté ni de l’autre. Mais cela n’était pas simple : car la conscience de l’homme déchu, orientée vers notre monde encore non transfiguré et ses lois, ne connaît qu’une seule alternative : la religiosité, comprise comme un système de restrictions rigides et de réglementation de toute la vie, intérieure aussi bien qu’extérieure, ou bien ce qu’on appelle habituellement la « liberté », qui, à la limite, suppose aussi la liberté à l’égard des normes morales, y compris des commandements donnés par Dieu. Sortir de cette alternative n’était pas facile, et elle devenait elle-même une véritable épreuve spirituelle pour l’Église de Corinthe, qu’il n’était possible de traverser qu’avec l’aide de Dieu (v. 13).