RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 1Co 9:15-26

Poursuivant la conversation sur son ministère apostolique, Paul attire de nouveau l’attention des lecteurs sur le fait qu’il n’a jamais pensé profiter des possibilités de soutien de la part des Églises où se déroulait son ministère, possibilités auxquelles, selon sa propre opinion, il avait pleinement droit (v. 15). Mais ce n’était pas parce qu’il se considérait comme inférieur aux autres, c’était parce qu’il ne voulait pas perdre ce que l’apôtre appelle sa « gloire » (le mot grec correspondant pourrait aussi se traduire par « honneur » ou « glorification », v. 16). Cette pensée de Paul est proche de l’appel du Sauveur adressé aux apôtres : se considérer comme des serviteurs inutiles même lorsqu’ils auraient, semble-t-il, fait tout ce qui leur était demandé, et bien fait. Et il ne s’agit évidemment pas de dire que le travail des témoins du Royaume ne vaut rien, mais de savoir comment un tel témoin se rapporte à son ministère.

On peut le considérer seulement comme un travail, nécessaire et même joyeux, mais tout de même seulement comme un travail, en accomplissant les devoirs confiés par Dieu au serviteur. Mais on peut aussi servir Dieu de telle manière que le service devienne une partie inséparable de la vie du serviteur ; alors la question du salaire ne se pose plus, mais la récompense devient possible (v. 16-17).

La différence tient à ce que le salaire se trouve toujours proportionnel au travail accompli, tandis que la récompense ne l’est pas toujours. Et Paul comprend parfaitement que, dans le Royaume, il n’y a pas de salaire pour un travail, mais il y a une récompense pour les serviteurs. Or, pour la recevoir, il faut dès le commencement oublier tout calcul, se donnant au service entièrement, sans réserve, devenant, selon les paroles de l’apôtre, « tout à tous, afin d’en sauver au moins quelques-uns » (v. 18-23). Et l’apôtre parle précisément d’un tel service, le comparant aux compétitions sportives, où l’on ne peut vaincre que lorsqu’on s’investit tout entier, sans réserve, dans la victoire (v. 24-27). Dans le Royaume, on ne peut vivre que d’une vie pleine. Il est entièrement pénétré du souffle de Dieu, et tout habitant du Royaume peut le recevoir dans toute sa plénitude. Mais à une seule condition : qu’il ne calcule pas combien vaut chacun de ses mouvements et chacun de ses souffles.