RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Mc 6:1-6

Il n'y a qu'un seul véritable obstacle entre l'homme et Dieu : la défiance. Plus exactement, il y a beaucoup d'obstacles, mais seul celui-ci se révèle vraiment insurmontable. Tout le reste peut être surmonté, sinon par l'homme, du moins par Dieu, au moyen de l'effort commun de deux volontés qui cherchent la rencontre. La défiance, elle, est insurmontable précisément pour Dieu ; et si l'homme s'y obstine, le mur entre lui et Dieu devient absolu.

Dieu pourrait entrer dans la vie de l'homme et même dans son coeur sans demander du tout le consentement humain, mais une telle entrée détruirait simplement l'homme comme personne libre, comme image de Dieu. Ne voulant pas une telle issue, Dieu, si l'homme ne Lui fait pas confiance, se retire simplement, se met à l'écart de l'espace vital de celui qui ne veut pas Le voir. Ou, autre variante, qui veut Le voir tel qu'il veut Le voir. Bien sûr, tel qu'Il est, aucun homme ne peut voir Dieu.

Il existe cependant une différence essentielle entre la limitation humaine naturelle et les limites que l'homme choisit arbitrairement pour lui-même. Une chose est Dieu tel que l'homme Le voit, autre chose est Dieu tel que l'homme se Le dessine. Pour l'homme lui-même, dans l'état déchu, il n'est parfois pas si simple de distinguer l'un de l'autre. L'image confortable d'un « dieu » confortable gêne souvent la communion avec Dieu plus encore que le refus ouvert ou le péché manifestement commis. Il en va de même avec le Christ : celui qui ne veut pas voir dans le Christ le Christ voit en Lui celui qu'il a l'habitude de voir dans la vie.

Ce danger est particulièrement grand précisément dans les lieux d'origine : là, on « connaît » Jésus tout particulièrement, et, à en juger par le récit de l'évangéliste, personne n'a l'intention de revoir ce savoir. On le comprend : si l'on le revoyait, il faudrait revoir aussi sa propre vie et ses relations avec cet Homme qui semblait connu depuis longtemps. Il est plus simple de tout laisser tel quel et de ne pas se tracasser. C'est ce désir de tout laisser tel quel qui ne laisse pas de place au miracle, pas plus qu'il ne laisse de place au Royaume.