RÉFLEXIONS pour Mc 16:1-8
Marc décrit la Résurrection comme un événement tout à fait inattendu pour tous, y compris pour les disciples eux-mêmes. Les femmes qui vont au tombeau ne sont préoccupées que d'un seul problème : la pierre qui fermait habituellement l'entrée était trop lourde pour elles, elles n'auraient pas pu la rouler elles-mêmes. Elles n'attendent plus aucun miracle : leur Maître est mort, et Il est allé volontairement à la mort ; tout est donc fini.
En réalité, les événements se déroulent dès le début tout autrement qu'elles ne l'attendaient : cette pierre même à laquelle elles avaient tant pensé et qui leur paraissait être le problème principal ne leur causa aucun problème, elle avait déjà été roulée loin de l'entrée. Et tout ce qui suivit se révéla également tout à fait inattendu, différent de ce que l'on pouvait attendre selon la logique de notre monde déchu. Au lieu de la mort, les femmes venues au tombeau trouvent la vie ; au lieu des rites funèbres pour lesquels elles étaient venues, elles reçoivent l'annonce de la Résurrection.
La logique du Royaume a toujours été autre que la logique du monde déchu, et dès le début de son entrée dans le monde, cette logique du Royaume a dérouté ceux qui n'étaient pas prêts à la rencontrer ; or personne ne s'y trouve prêt, pas même celui qui a personnellement entendu parler du Royaume par Celui qui l'a apporté dans le monde. De quoi, semble-t-il, les femmes auraient-elles à s'effrayer en apprenant la résurrection de leur Maître ? Elles avaient dû entendre parler de la résurrection au dernier jour non seulement par Lui, mais aussi par d'autres : la foi en la résurrection universelle était répandue parmi les Juifs croyants, sinon partout, du moins très largement. Seuls n'y croyaient peut-être pas certains représentants du sommet sacerdotal et des aristocrates à la pensée « libérale », mais tous étaient plutôt des exceptions à la règle générale.
On pourrait certes penser que les femmes eurent simplement peur, comme les apôtres eurent peur plus tard en voyant Jésus ressuscité, qu'ils prirent pour un fantôme, pour une ombre sortie du tombeau. Il est possible aussi qu'elles aient eu peur en voyant l'ange et en comprenant qui se tenait devant elles, car la rencontre avec les messagers de Dieu n'était pas toujours considérée comme sans danger. Mais il est plus vraisemblable qu'elles eurent peur parce qu'elles n'étaient tout simplement pas intérieurement prêtes à ce qu'elles savaient en principe et dont elles ne doutaient pas de la réalité, si l'on en parlait « en général ».
Elles croyaient à la résurrection « en général », comme tous, mais elles n'étaient pas prêtes à croire à sa réalité ici et maintenant. De là viennent la peur, la fuite et, surtout, le silence : il est impossible de témoigner de ce qui n'est pas encore vraiment entré dans sa propre vie, de ce qui n'est pas encore compris et vécu jusqu'au bout. Plus tard viendra le temps du témoignage, mais pas tout de suite : après la Pentecôte, lorsque l'Esprit de Dieu aidera les témoins de la Résurrection à prendre conscience de ce dont ils sont devenus les témoins.
