RÉFLEXIONS pour Mt 15:29-31
On regarde les paroles que le Seigneur nous adresse aujourd'hui, et l'on se souvient que, ces jours-ci, un courriel est arrivé avec la demande de prier pour la jeune Marie, nouvellement défunte. Elle est morte de la mucoviscidose. Et pour sa mère Marina, qui reste maintenant seule, parce que sa deuxième fille est morte de la même maladie. Comment cela se peut-il ? Tant de personnes ont prié pour elles ! Et que nous importe que, pour un bref instant, le Christ ait visité la terre et guéri un certain nombre de malades... Si l'on plaçait ces personnes à côté de tous les enfants morts au fil des siècles, on ne les remarquerait tout simplement pas. Alors quoi, faut-il se réjouir ?
Oui, se réjouir. Parce que le Christ n'est pas simplement venu pour guérir ; Il est venu et a transformé leurs maladies en Ses propres plaies, Il est mort et ressuscité. Il n'est pas seulement Guérisseur ni Thaumaturge, bien qu'Il soit l'un et l'autre. Il nous a montré le Chemin de la vie. Il a éclairé la route dans les ténèbres.
Aucun des miracles de Jésus ne se limite à un sens local, dans le temps et l'espace, pour une seule personne. C'est pourquoi on ne peut pas lire les récits évangéliques de miracles hors du contexte de tout l'Évangile. Sinon, nous risquons de tomber dans une erreur très terrible, si caractéristique de nos contemporains aujourd'hui : percevoir l'Église en consommateurs. Tu paies pour une intention de prière pour la santé, la santé augmentera. Et le Temple devient un magasin. C'est effrayant.
Le Christ guérit, mais par Ses plaies. Il ne faut pas l'oublier. Par Ses plaies jusqu'à la mort. Jusqu'à la mort la plus réelle, la plus douloureuse. Une mort qui ne Lui fut en rien plus facile qu'à chacun de nous. Au contraire, c'est plus facile pour nous : nous mourons en général sous narcotiques, et Lui a refusé ; nous mourons sur des draps propres, et Lui était couvert de sang coagulé et de poussière ; nous sommes entourés de proches aimants, et Lui était sous les moqueries et les injures. On pourrait continuer cette liste, mais ce n'est sans doute pas nécessaire. Que notre coeur se remplisse simplement de gratitude envers Lui, d'amour et de tendresse. Et que nous n'ayons peur de rien, car « mon Dieu a souffert davantage et la Mère de Dieu a souffert plus douloureusement » (N. S. Goumilev)
