RÉFLEXIONS pour Jn 1:1-18
Le remarquable hymne qui ouvre l'Évangile selon Jean nous entrouvre le mystère de la vie intérieure de Dieu. Car Dieu est une personne, en un certain sens comme chacun de nous. Seulement, et dans ce « seulement » réside la différence absolue entre Dieu et l'homme, contrairement à chacun de nous, Il est une Personne infinie. Conditionnée par rien, sinon par Sa propre volonté, et donc par Lui-même. Et par conséquent n'ayant besoin de personne. Et naturellement, n'étant tenue de rien communiquer à personne au sujet de Sa vie. Pourquoi Lui faut-il la création, pourquoi Lui faut-il nous tous : c'est Son énigme. Il faudrait être Lui pour connaître la réponse. Mais le fait demeure : Il a créé le monde et nous comme partie de ce monde. Et Il nous aime. Et Il nous entrouvre un tout petit peu, à peine, le mystère de Sa vie. Il s'avère que, comme nous, Il ne se connaît pas seulement Lui-même. Il se connaît encore continuellement.
Comment Il y parvient, c'est Son mystère. Nous, bien sûr, ne pourrions pas à la fois nous connaître en plénitude, nous connaître dans toute la profondeur, et en même temps demeurer dans un repos complet. Et encore hors de tous les espaces et de tous les temps existant dans le monde créé. Plus exactement, au-dessus d'eux. Comment cela Lui est possible, nous ne le saurons jamais. Mais c'est en cela que consiste la plénitude de Sa vie. Et cette plénitude, Il l'ouvre au monde. Il la projette dans le monde. Et Il fait tenir cette plénitude de Sa vie dans les limites de la nature humaine. Certes, pas telle que la nôtre. Mais tout de même humaine. Telle que notre humanité aurait pu être si la chute n'avait pas eu lieu.
Et pourtant c'est une nature créée. Créée par Lui. Mais dès le commencement, nous, les hommes, n'étions pas seulement une nature. Dès le commencement, nous avons reçu ce souffle de vie qui, à proprement parler, fait de nous des hommes. Or c'est Son souffle. Qui respire en nous. Sa présence en nous. Certes, non dans la plénitude propre à Sa propre vie. Mais tout de même Son souffle. Et sans la chute, nous aurions été tout autres, non pas grâce à quelque nature particulière qui nous aurait été retirée après la chute, mais grâce au fait que notre vie aurait été entièrement déterminée par ce souffle.
Et non pas au degré minimal où elle est déterminée par lui maintenant, quand ce souffle en nous est parfois à peine perceptible même pour nous-mêmes. Mais s'Il le veut, Sa présence dans l'homme peut devenir pleine. Telle qu'elle demeure en Lui-même. Et alors naîtra dans le monde l'Homme avec une majuscule. L'Homme en qui Dieu sera manifesté au monde en plénitude. Et par qui, dans la même plénitude, Sa vie s'ouvrira à chacun de nous. La vie que le Sauveur est venu nous donner. La vie en plénitude et en abondance.
