RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 1Co 1:1-9

En commençant sa lettre aux chrétiens de Corinthe, Paul note une particularité très importante du processus que la Bible appelle le salut. Il dit des chrétiens de Corinthe qu’ils ont déjà reçu le témoignage au sujet du Christ et que ses fruits sont clairement visibles (v. 4-6), tout en soulignant que seul le Sauveur Lui-même peut affermir définitivement les fidèles dans le Royaume lorsqu’Il reviendra à la fin des temps (v. 7-9). Pour l’apôtre, il est évident que le destin d’une personne concrète dans le Royaume est inséparable de l’histoire du Royaume lui-même, qui, entré dans le monde, se révèle de plus en plus en le transformant. Et la vie de ceux qui ont part au Royaume se trouve liée au processus de son avènement, qui ne s’achèvera qu’avec le retour du Sauveur dans le monde à la fin des temps. Dans une telle approche, il n’existe pas du tout d’histoire du salut d’un homme particulier en tant que telle ; il n’y a que l’histoire du Royaume, à laquelle chaque chrétien participe depuis le moment de son association à celui-ci jusqu’à la fin des temps.

Cela n’a rien d’étonnant si l’on se rappelle que la Bible ne dit rien, ou presque rien, du destin dans l’éternité d’un homme pris isolément. Ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament nous ne trouverons de représentations claires et univoques de l’après-mort ou de l’immortalité de l’âme, pas plus que nous ne trouverons quoi que ce soit qui rappelle les représentations traditionnelles du paradis et de l’enfer formées au Moyen Âge dans les milieux chrétiens. Les livres bibliques mentionnent le shéol, le monde des ombres réservé à tout défunt, mais cette représentation peut difficilement être considérée comme proprement biblique, car presque tous les peuples de l’Antiquité parlaient de quelque chose de semblable. Les auteurs des livres bibliques ne faisaient ici que suivre les représentations traditionnelles de leur époque. En revanche, les prophètes ont beaucoup parlé de la venue du Messie, de la résurrection universelle et du Royaume ; c’est en cela que consistait l’enseignement proprement biblique sur le destin de l’homme dans l’éternité. Il n’est pas étonnant que, pour Paul aussi, ce destin soit inséparable du Christ et du Royaume qui est entré dans le monde avec Lui. Car c’est précisément au Christ et au Royaume qu’est liée la plénitude de cette vie que Dieu avait destinée dès l’origine à chaque homme. C’est pourquoi on ne peut la recevoir que par le Christ et dans le Royaume, et seulement lorsque le Royaume sera enfin manifesté au monde dans toute sa plénitude.