RÉFLEXIONS pour Jn 13:26-27 — le 15 avril 2025

RÉFLEXIONS pour Jn 13:26-27

Il arrive souvent d’entendre, de la part de croyants comme d’incroyants, quelque chose comme ceci : le principal problème de l’homme serait qu’il ne peut pas rencontrer Dieu ou le Christ personnellement. Mais si chacun Le voyait de ses propres yeux, il ne resterait plus d’incroyants, tous croiraient. Or voici la situation de la Cène. Judas ne voit pas seulement le Christ face à face, il rompt aussi le pain avec Lui. On ne peut guère être plus proche, ni voir plus clairement. Et pourtant il ne change pas du tout. Il ne commence pas à faire davantage confiance au Maître qu’auparavant. Et il ne se repent certainement de rien. Au contraire, il va faire ce qu’il avait décidé de faire. Et, chose étrange, Jésus lui dit de le faire plus vite. Qu’est-ce donc : le désir de mettre rapidement les points sur les i ? Peut-être.

Mais il est possible aussi qu’une dernière chance soit donnée à Judas. Jésus, bien sûr, comprenait parfaitement ce que Judas s’apprêtait à faire : Il voit le cœur humain de part en part, comme Dieu le voit. Le projet de Judas n’était pas un secret pour Lui, comme il l’était pour Ses disciples. Mais Jésus comprend aussi autre chose : la chance de se repentir et de se convertir demeure pour l’homme jusqu’à la toute fin. La rencontre avec Dieu face à face, bien sûr, ne garantit pas en soi une issue heureuse. De même que la communion avec Jésus à la même table et la fraction du pain avec Lui n’ont pas conduit Judas à une issue heureuse. Mais une telle rencontre peut devenir le moment de la décision. Quant à ce qu’elle sera, cela dépend du choix de l’homme lui-même. La rencontre avec Dieu ne fait que donner forme à ce choix, le rendre visible et conscient pour l’homme lui-même.

Alors l’homme reçoit une nouvelle chance de se repentir et de se convertir. Bien sûr, il n’y a aucune garantie qu’il s’en serve. Dans la vie spirituelle, il n’y a jamais de garanties. Mais si une chance existe, on ne peut pas l’enlever à l’homme. Et Jésus laisse à Judas cette dernière chance. Il lui dit : agis. Fais ce que tu as conçu. Il n’y a évidemment ici aucune approbation de la trahison. Il s’agit plutôt d’une impulsion qui fait sortir l’homme de sa torpeur. Puisque tu t’y es décidé, fais-le.

De telles paroles font généralement sortir l’homme de la torpeur spirituelle et de l’indécision. Et il commence à agir. Alors apparaît aussi la chance que l’homme change d’avis. Qu’il modifie sa décision, fût-ce au dernier moment. Judas s’est tout de même repenti : il a dit clairement au grand prêtre qu’il avait trahi un innocent. Il l’a dit, il est vrai, trop tard, lorsque tout était déjà fait. La décision est venue trop tard, et le repentir est resté incomplet. C’est cette incomplétude qui a conduit Judas au suicide. Mais sa dernière chance, il l’a reçue. Et il l’a utilisée comme il l’a voulu et comme il l’a pu.