RÉFLEXIONS pour Ex 20:2-3 — le 12 avril 2025

RÉFLEXIONS pour Ex 20:2-3

C’est le tout premier commandement du Décalogue, les Dix commandements de Moïse. Les sages d’Israël disaient que toute la Loi y est contenue, parce que tous les autres commandements ne sont qu’un commentaire, une explication de la manière d’accomplir ce premier commandement.

On ne comprend peut-être pas tout de suite pourquoi il en est ainsi. Comment les commandements « tu ne te feras pas d’idole », « tu ne tueras pas », sans même parler de l’interdiction de « cuire le chevreau dans le lait de sa mère » (Ex 23:19), expliquent-ils le sens et la portée du commandement du monothéisme ? Il y a bien un lien ici, mais il n’est pas très direct.

Il faut d’abord comprendre ce que signifie pour nous le fait que Dieu existe tout simplement. S’Il n’existe pas, alors l’unique créateur et l’être qui détermine les voies de ce monde se trouve être l’homme. L’homme est alors son propre chef et son propre critère de justesse. On peut se souvenir du Roi dans « Le Miracle ordinaire » de Schwartz : il est son propre roi, pape honoraire, saint honoraire, etc. Ou, plus sérieusement, chez Dostoïevski : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis. »

Voyons maintenant ce qui se passera si Dieu n’est pas unique, mais s’il y a beaucoup de dieux. Alors, inévitablement, ils deviennent des dieux « particuliers », fonctionnels, n’ayant qu’une sphère d’influence déterminée : dieu de la mer, dieu du soleil, dieu de la pluie, dieu d’une tribu précise, etc. Et l’homme, étant un être aux besoins universels, commence à « louvoyer » entre différents dieux, utilisant leurs forces et leurs faiblesses dans son propre intérêt, se plaçant ainsi un degré au-dessus de chacun de ces dieux. Mais si Dieu est unique, cela ne passe pas : chez le Dieu universel, il n’y a pas de points forts et de points faibles entre lesquels on pourrait « se glisser ». Si Dieu est unique, Il est inévitablement plus élevé que l’homme.

Pourquoi ce commandement mentionne-t-il la sortie d’Égypte ? Même si Dieu existe et qu’Il est unique, l’homme a deux façons de se comporter selon que ce Dieu est bon envers l’homme ou non. S’Il ne l’est pas, il faut fuir un tel Dieu aussi loin que possible. Mais s’Il est bon, et Dieu donne l’exemple de Son acte bon pour les hommes, alors il faut s’approcher de Lui, chercher ce qu’Il veut pour nous, ce qu’Il considère comme bien. Et qui peut nous révéler ce qu’Il considère comme bien, sinon Lui-même ? C’est alors qu’apparaissent les autres commandements, par lesquels Dieu décrit Sa conception de la justice humaine. Nous voyons que, sans l’acceptation du premier commandement, tous les autres n’ont tout simplement aucun sens !