RÉFLEXIONS pour Rm 15:14-21 — le 11 avril 2025

RÉFLEXIONS pour Rm 15:14-21

En caractérisant son ministère, l’apôtre attire l’attention sur son trait distinctif : il n’a jamais rien dit qu’il ne reconnaissait pas comme venant de Jésus-Christ Lui-même. De lui-même, Paul, en règle générale, ne dit rien ; et s’il dit ou écrit quelque chose, il en avertit directement. Il distingue de façon absolument nette ses paroles, ses pensées et sa volonté des paroles, des pensées et de la volonté du Sauveur.

C’est un trait caractéristique du ministère, et aussi de toute la vie de chaque chrétien, si seulement sa vie est réellement chrétienne. Le chrétien a toujours conscience de la différence entre lui-même et Celui qu’il sert, au nom de qui il parle et agit. Bien sûr, dans la vie du chrétien, il est tout à fait possible que le Sauveur laisse certaines choses à son discernement ; mais alors le chrétien comprend précisément ce qui est laissé à son discernement et dans quelles limites.

Et alors, naturellement, il sait qu’il parle et agit en son propre nom, en s’appuyant sur sa propre expérience et sa raison. Il ne s’agit pas ici de quelque chose de général, comme cela arrive souvent même chez des personnes tout à fait religieuses, qui parlent de la volonté de Dieu comme de quelque chose qu’elles ont lu dans la Bible ou dans d’autres livres, ou comme de certaines pensées et idées personnelles qui, à ce qu’il leur paraît, leur sont venues de Dieu.

Ici tout est pleinement clair et distinct ; ici la volonté du Christ est reconnue comme une réalité tout à fait concrète de sa propre vie, de son espace spirituel, où sa présence est aussi évidente que l’est pour chacun la présence de sa propre volonté. À proprement parler, seule une telle vie peut être appelée véritablement chrétienne. C’est une communion consciente et continue avec le Christ, qui est toujours présent dans la vie de l’homme.

Et, bien sûr, une communion tout aussi consciente avec Son Père céleste. Une communion dans laquelle l’homme ne disparaît pas et ne se dissout pas, ne s’enfonce pas dans une « grâce » impersonnelle, ne se perd pas dans une extase « spirituelle », mais construit sa vie et son ministère en suivant la volonté du Christ, à laquelle il remet librement sa propre volonté humaine. Il la remet non pour la perdre, mais pour la recevoir en retour renouvelée, capable de devenir un instrument de l’action de Dieu dans Son Royaume.